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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Rugby : Passion et valeurs ?

 

La transmission intégrale


Une interrogation m'arrive ainsi par la voie parfois surprenante de la toile. Quelques mots, une requête, un appel à disserter pour rassurer ou interroger, je ne sais. « Transmettre passion et valeurs » dans une association sportive. Je dois à la vérité de dire que je répondis bien vite ce qui suit tant le demandeur me semblait avoir un besoin urgent de réponse :


Il ne peut y avoir de passion sans valeurs auxquelles on croit totalement. C'est parce qu'il y a adéquation entre une activité et des principes forts qu'on peut réellement s'engager dans le bénévolat, un choix qui suppose l'envie de faire passer des préceptes moraux, des choix de vie, des formes sportives mais également des préceptes sociaux.


Dans l'engagement d'un bénévole, si le plaisir du sport est prépondérant, il est très compliqué d'être un bon éducateur. Si les valeurs morales sont essentielles, qu'il devienne un entraîneur performant n'est pas certain. Le Rugby est un sport fier de ses valeurs, malgré le professionnalisme, elles demeurent encore vivaces à haut-niveau et c'est précisément ce qui fait le succès de ce sport auprès des décideurs et des médias.


Curieusement, c'est à la base qu'elles se délitent le plus vite. Justement parce que les dirigeants, les bénévoles sont choisis par défaut, défaut de conviction, défaut de motivation, défaut d'envie de partage d'idéaux sociaux, défaut de valeurs pour certains qui se sont fourvoyés ici, défaut de compétences techniques pour beaucoup, arrivés bien tard dans la discipline.


Les valeurs ne s'enseignent pas, ne s'imposent pas à l'autre par la contrainte. Elles commencent par se vivre pour soi même et l'exemple est primordial quand on agit en portant une telle bannière. C'est au Cercle, le point le plus délicat et dans nos petits clubs en général. L'argent faisant défaut, les bénévoles refusent de se donner des contraintes qui pourtant ne sont que l'expression rigoureuse des valeurs qu'ils sont censés défendre. À partir de là, je fais ce que je veux, quand je veux est la pire réponse, elle est l'antithèse des valeurs du Rugby.


Comment répondre à cette difficulté qui n'est que le reflet d'une société qui s'effondre dans l'individualisme, l'égoïsme et la sottise ? Je n'en sais rien … Toujours est-il qu'il n'y a pas de passion non plus mais des petits plaisirs qu'on prend au gré de son bon vouloir, des satisfactions de second plan sans amour véritable (si j'ose dire).


Je ne puis me satisfaire de cette réponse bien hâtive. Il faut développer, donner un peu à comprendre les difficultés qui interpellent mon correspondant et que j'évoque à mots couverts plus haut. Il se débat avec des exigences éducatives qu'il ne parvient pas à imposer à des éducateurs, tous bénévoles et qui à ce titre n'admettent pas un cadre restrictif et contraignant.


Que c'est compliqué de faire admettre à des gens que c'est justement parce qu'ils sont éducateurs, qu'ils ont à accompagner de jeunes enfants et que le sport pratiqué est le Rugby, qu'il faut encadrer l'activité par des règles déontologiques et éthiques liées à la pratique elle-même et surtout à l'acte éducatif.


Quand on est sincèrement passionné, le cadre s'impose de lui-même par ce que l'expérience vécue dans ce sport rend impératives ces règles rigoureuses sans lesquelles l'enfant ne deviendra jamais un véritable joueur de rugby, fort des valeurs qui font la réalité d'un sport particulièrement exigeant en ce domaine. Parce que le rugby est le sport collectif de combat qui sollicite le plus grand nombre de pratiquants sur le terrain et aussi sur la feuille de match, il impose à tous le respect de règles communes pour que l'équipe ne soit pas un vaste ensemble anarchique..


Tout ceci exige des savoir-être sans lequel un collectif ne peut avancer. Ceci progressivement, s'écarte de ce que notre société demande aux enfants, devenus simples consommateurs de plaisir sans contraintes ni règles. Le Rugby, c'est l'exact contraire et ne pas le faire comprendre très tôt, c'est accepter de ne rien leur laisser d'une expérience qui devrait être inoubliable et fondatrice. Que de mots bien compliqués à entendre si la passion n'est pas présente.


Toujours arriver à l'heure (si possible même, en avance) , venir quelles que soient les conditions météorologiques, prévenir à temps d'une éventuelle indisponibilité, préparer sa séance pour l'éducateur, écouter les explications pour les jeunes, se respecter mutuellement, partager, rester loyal, ranger le matériel, participer aux activités de l'association, se montrer courtois et poli en toutes circonstances, …, la liste est longue de ce qui ne se transige pas dans une association. Pour l'éducateur, l'exemplarité est la condition essentielle à sa capacité à faire passer ces messages devenus fort anachroniques, hélas !


Exigencement leur.

vidéo : 

Jean-Claude Skrela - Les valeurs du rugby par gmf-assurement-rugby

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N le Texan 30/12/2011 12:07


Bonjour BR,


Ne prennez pas la mouche mais je trouve extrèmement gonflant de parler tout le temps des "valeurs" du Rugby.


On parle, à mes yeux, de ces "valeurs" un peu comme ces fameux "marchés"!


Cette personnalisation impersonnelle du "politiquement correct" appliquée au rugby pour l'une, à la finance internationale pour l'autre.


Un club fonctionne uniquement par ce que chaque membre souhaite y apporter, à tous les niveaux...


J'ai pratiqué dans 2 clubs de l'agglo distants de 1 km, avec des "valeurs" sensiblement différentes et pourtant, j'y ai rencontré des gens de Rugby...


Lavéritésijemens,


N le Texan

BR 30/12/2011 15:24



N Le vexant ...


Sans valeurs, pour moi pas de rugby !


C'est aussi simple que cela.


C'est d'ailleurs ce qui me fait douter de plus en plus de la permanence de mon engagement. La simple consommation n'est pas acceptable pour moi, je me lasse de prêcher dans un désert et je suis
bien las de ne plus réussir à faire passer un message que je défends pourtant avec ardeur.


 


L'âge sans doute.


Bon réveillon et sans rancune !



Fred 29/12/2011 13:16


Bernard,


 


Tu critiques à mon sens, trop durement, le monde amateur. Si les bénévoles se braquent parfois, c'ets du fait d'un cruel manque de reconnaissance de la part des instances d'une part, des
municipalités aussi et parfois même de la part des professionnels.


 


Difficile dès lors de reprocher à des personnes qui donnent de leur temps de se rebeller...

BR 29/12/2011 13:24



Fred


 


Je ne pense être dur. Je crois en la dimension idéologique du bénévolat, j'espère qu'un message social passe dans cette démarche et quand je vois que des gens ne s'engage pas dans cette voie avec
la même conviction, je m'emporte.


 


Si je les choque, qu'ils m'en excusent mais on ne peut être fade ou tiède dans cette bataille des valeurs morales.


Les instances, on s'en tape car justement notre combat est bien éloigné de leurs intérêt. À Fleury, le maire est un tenant d'un ordre du fric et de l'obéissance, tout le contraire de ce que je
défends. Plus il sera hostile, plus mon combat sera utile.


Les moutons le rassure, les hommes debout le contrarie et j'aime qu'il soit chafouin. 


Quand on monde professionnel, il n'a aucun rapport avec cette bataille.


 


Je me suis sans doute fait mal comprendre