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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Si Montauban aussi ...

L'ailleurs, partout, à l'identique

 

 

 

 

En ce petit matin du lendemain, il fait moins six degrés sur la bonne ville de Montauban. Tout est calme, reposé ou digéré. Je n'entends plus les clochettes tintinnabuler, la petite musique de Noël est déjà rangée au rayon des accessoires chroniques.

 


 

Sur la place, trônent en majesté les petits chalets de bois. De Strasbourg jusqu'à Tamanrasset, le même idéal festif, la même volonté de construire une culture commune. Plus de spécificité, plus d'originalité, nos centres villes sont uniformes, nos boulevards extérieurs copies conformes. Mêmes enseignes, mêmes franchises si mal nommées. Franchement, pourquoi tous se singer, pourquoi se grimer en l'autre pour ne plus jamais être soi-même ?

 


 

En dehors des sentiers rebattus, point de salut ! J'en ai fait l'amère expérience lors de ma longue marche solitaire cet été. Des centaines de fois, de braves gens en mal de conversation ou d'un exotisme circonscrit m'ont demandé si j'étais un pèlerin de Compostelle. À chaque fois, j'ai conservé ma ligne de conduite : «  Non, je fais mon propre chemin » pour voir des dos se tourner, des regards me fuir.

 


 

Ainsi, si vous ne faites pas exactement comme les autres vous êtes montré du doigt, accusé ou suspect, condamné à l'insuccès ou à la solitude. Il en est naturellement de même pour les animations, les fêtes et les rassemblements qu'organisent villes ou associations. Il faut être en tous points conformes ou bien connaître l'échec.

 


 

Moutons bêlants, nous n'avons jamais été aussi égoïstes, individualistes, égocentriques mais nous sommes devenus dans le même mouvement d'étranges animaux grégaires, recherchant l'uniformité dans une diversité de façade, le troupeau dans un isolement factice.

 


 

Nous nous précipitons là où se trouvent tous nos congénères, nous déplorons cette concentration oppressante mais c'est-elle qui nous fait nous sentir bien, nous feignions de ne point adhérer à ce système en nous revendiquant d'un second degré illusoire.

 


 

Nos bergers se nomment tous Panurge. Qu'ils soient Maire de nos grandes villes ou bien responsables d'antenne dans une chaîne de télévision, ils ont bien compris qu'il faut nous nourrir du même brouet infâme, incolore, inodore et sans saveur. Tout doit se ressembler avec une petite touche personnelle pour donner à croire que ce n'est pas pareil qu'ailleurs.

 


 

Revenons à ce Marché de Noël de Montauban, si loin de Strasbourg pourtant. En ce petit matin glacé, il est vide et je le devine exactement semblable à ceux que je n'apprécie pas du tout en d'autres cités. Mêmes stands à la gloire de la confiserie pétrochimique, mêmes tonneaux pour vendre des huitres dans une étrange confusion qui m'interpelle, même manège Carrousel, même patinoire, même brasserie chauffée.

 


 

Rien ou presque ne diffère si ce n'est que la touche d'exotisme ici, ne sera pas la même que là-bas. Les produits du Sud-Ouest chez nous, le thé à la menthe ici et partout le vin chaud qui retrouve lettres de noblesse durant ces quinze jours de gloire.

 


 

Les babioles sont, elles universelles et ne viennent plus que d'un seul pays. Les marchés de Noël célèbrent la grosse bouffe festive et la petite industrie chinoise de la faribole. Bientôt il faudra repeindre nos pères Noëls en latex et les habiller de jaune. Le rouge est un lointain souvenir, il y a longtemps qu'ils ne portent plus de col Mao !

 


 

Bientôt, les chalets seront démontés, la patinoire artificielle subira le même sort. Mais que deviennent ces installations pendant les onze autres mois de l'année. Quelle étrange pays imaginaire leur donne refuge ? Je m'interroge encore !

 


 

Baraquement vôtre.

 

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Le ch'timi 29/12/2010 00:31



cher  BR..


c'est inouï
le nombre d'années
où l'on se dit
"c'était mieux avant,
nous voilà damnés"...

des jeux m'en foutistes...
des fêtes tristes...
c'est fou,c'est dingue,
de se ressasser
les belles choses au coin du zinc...

de se refuser
à la mutation du temps
qui s'éternise en bégayant
sur les joies et les peines,
les amours et les haines...

on s'attend à tout
mais l'on découvre
toujours,à l'arrivée...
ça plaît peu ou prou,
difficile à démêler...

les contraires,les aimants,
à consulter l'amant,
la maîtresse d'une nuit,
traîtresse d'une vie,
d'accord jusqu'au clash...

gouffre...
frénésie...
venin capiteux...
euphorie...
auto-dérision se mariant
à l'auto-trahison...

succession
de pertes et d'espérances...
il serait temps,un jour,
d'embrasser l'innocence,
un moment sinon un jour
entier...
ou même une partie
de cette nuit...
ce serait déjà ça de gagné,
sur les années résignées...


anonyme.


amitiés


 


Patrick



BR 29/12/2010 07:40



Patrick


 


Est-ce de la nostalgie ?


Peut-être ...


Est-ce un monde si parfait qu'il faille s'extasier de ses nouveautés ?


J'en doute très fort !


Le même partout et toujours imposé d'en haut et de fort loin m'est insupportable.


 


Alors nostalgie, lucidité, diversité , ... vous choisierez.


 


Merci à vous



Patrick 28/12/2010 12:15



Mais, "demain matin, petit garçon' tu trouveras dans tes chansons, tous les "....." dont tu as révé . . .". Passe de bonnes fêtes au coin de la cheminée avec un bon verre de vin vieux et ta
plume. Pressé de te lire en 2011 que je te souhaite heureuse et apaisante


Graemme Allrigthement tien



BR 28/12/2010 14:14



Patrick, Daniel


 


Je vous remercie pour vos Vœux.


je vous souhaite un joyeux réveillon de saint Sylvestre.


Quant à l'année apaisante, je ne pense pas qu'elle aille à mon humeur. En fait j'aime ce qui me résiste.


 


Benarrd