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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Sous les tilleuls grandissent les enfants

 

Une formule formidable.


 


 


Parfois, vous suivez une simple pancarte et vous vous retrouvez en un lieu bien éloigné de ce que vous étiez venu chercher. C'est ce qui m'est arrivé à Balbigny. Comme chaque jour, je suis à la recherche d'un hébergement. Je me fie au hasard, à la chance ou à la providence puisque je n'ai rien programmé pour laisser la place à l'impondérable.

 


 

Une fois encore, dame Liger m'a pris sous sa protection. La ferme des Tilleuls doit être née sous une bonne étoile. Quand vous arrivez, une pancarte vous met la puce à l'oreille : « Ici, nous refusons les O. G. M ». Le ton est donné, une autre indication intrigue celui qui ne sait pas tout : « Chambre d'hôtes et gîte pour enfants ». C'est bien sûr la seconde proposition qui retint mon attention.

 


 

Je pousse plus avant, pénètre dans une cour de ferme où m'accueille Jean-Yves, fermier barbu et souriant. Il me propose de poser mon sac et de venir sans façon, partager le repas de la famille. On fait difficilement réception plus naturelle et bienveillante. Je me retrouvai sur le banc devant une grande table de chêne. Les trois enfants du couple sont là ; Joelle, leur mère, n'est pas surprise de cette intrusion méridienne.

 


 

J'apprends alors que Joelle, six semaines par an, reçoit six enfants pour six jours à la ferme. Elle sera, durant ce temps suspendu, sans parents ni écran, loin de la ville au milieu des animaux, l'animatrice bienveillante de cette immersion à la ferme. Ce soir, justement, le dernière groupe de juillet arrive ; j'entends leurs rires et leurs exclamations. 

 


 

Elle se prépare à être entièrement à la disposition de ses petits clients, âgés de six à douze ans, pour leur donner l'occasion de se ré-approprier le temps. Le temps de jouer, de se lever à leur guise, de se salir et de vivre dans une ferme comme autrefois avec des animaux qu'on prend plaisir à choyer.

 


 

Elle leur proposera des activités au coup par coup quand elle en sentira l'opportunité. C'est le rythme de la ferme qui s'impose, ce sont les circonstances qui définissent le programme. Le désir de l'enfant est au cœur d'un programme qui n'a pas la prétention d'être un carcan. Jean-Yves et les travaux de la ferme sont toujours le fil conducteur d'une semaine de rêve.

 


 

D'ailleurs, on se bouscule. Des enfants reviennent d'année en année. Il en est un qui est venu sept fois déjà devant accepter maintenant, bien à contre-cœur, d'être pris par la limite d'âge. Joëlle et Jean-Yves ont ainsi, au fil des sessions de cette belle idée, élargi le cercle de leur famille. Je doute qu'ils aient besoin de publicité. Ils refusent du monde.

 


 

Je suis admiratif de cet engagement éducatif, de ce choix qui implique la vie de toute une famille. Six enfants qui viennent se greffer à la vie d'une famille, à ses travaux, à son quotidien. Six enfants, que leurs parents laissent en toute confiance à une famille d'exception.

 


 

Ils poussèrent plus loin l'engagement éducatif en recevant plusieurs années de suite un groupe de ces garçons que l'on dit délinquants. Des garnements accompagnés de deux éducateurs, qui le temps passé ici, oubliaient qu'ils venaient d'un centre éducatif renforcé pour devenir des enfants ordinaires et émerveillés. 

 


 

Je ne suis pas surpris d'apprendre que Jean-Louis est membre de la Confédération Paysanne. Il y a dans son travail comme dans cette activité une conviction de nature philosophique qui trouve toute sa place ici. Mes hôtes d'un soir m'expliquent aussi qu'il y a 4 ans, ils ont fait mon chemin à l'envers.

 


 

Tous les membres de cette belle famille ont enfourché leur vélo pour descendre à Orléans en suivant notre fleuve royal. Cinq cent quarante kilomètres à leurs compteurs d'alors. Il y a un léger décalage avec l'estimation du piéton d'aujourd'hui. Je suis sans doute plus avare de mes pas qu'eux ne le furent de leurs tours de roues !

 


 

Admirativement leur.


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Le ch'timi 23/07/2011 22:26



Cher Bernard,


 


Puisque l'on ne peut pas trop parler d'été , un petit retour en arrière..très en arrière..


Journée de printemps.


xxxxxxxxxxSonnet.


Ici, le rocher, l'arbre et l'eau
Font pour mon œil ce qu'il convoite.
Tout ce qui luit, tremble ou miroite,
Forme un miraculeux tableau.

Sur le murmure qui se ouate
Le rossignol file un solo :
L'écorce blanche du bouleau
Met du mystique dans l'air moite.

À la fois légère et touffue
La lumière danse à ma vue
Derrière l'écran du zéphyr ;

Je m'attarde, et le soir achève
Avec de l'ombre et du soupir
La félicité de mon rêve.
Maurice Rollinat sur www.poesie-francaise.fr


Maurice Rollinat. ( 1899 )


 


 Amitiés


Patrick


 



BR 26/07/2011 09:18



Patrick


 


Le printemps est toujours dans nos cœurs.


Sonner, sonner, on finira toujours par nous ouvrir les portes du soleil