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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Stage cohésion 1


Pour défendre nos valeurs

 



    Une nouvelle aventure sportive ne se conçoit pas sans un moment fort où les hommes doivent se révéler à eux-mêmes. Il faut leur proposer des conditions qui sortent du cadre habituel de leur vie quotidienne et il est nul besoin de proposer des choses exceptionnelles, lointaines, onéreuses pour découvrir l'âme des joueurs qui ont accepté cette redoutable épreuve révélatrice.

    Je dois admettre une relative déception ; je n'ai réussi à convaincre qu'un petit tiers des candidats potentiels à l'aventure. L'âge aidant, les responsabilités familiales, les craintes, les obligations, les bonnes excuses et les impondérables, toutes ces petites choses qui vous épargnent souvent l'épreuve de se retrouver face avec soi-même furent invoquées par les absents. Tant-pis pour eux !

    Ceux qui sont venus, ont vu et m'ont convaincu. Même si nous n'avons pas pu franchir notre Rubicon royal, le stage cohésion nous a laissé des souvenirs et des émotions qui vont durablement souder les courageux qui ont affronté un programme copieux et déstabilisant : 100 km de VTT, 2 nuits à la belle étoile, 1 match de rugby, 1 triathlon et 1 troisième mi-temps d'anthologie.

    Je vais vous offrir le récit de ce périple simple, de ce dépassement de soi qui ne se peut que lorsque chacun accepte de vivre avec ses camarades à un rythme et dans des conditions imposées par un autre auquel ils ont accepté d'offrir leur temps si précieux. Ce que nous avons fait ne nécessite ni moyens extraordinaires, ni décors fabuleux ; c'est à ce titre que l'aventure peut être narrée et servir d'inspiration à d'autres.

    Tout  a commencé vendredi soir par 25 km à vélo sur la levée de la Loire. Rien d'exceptionnel me direz-vous et vous auriez raison si les garçons n'étaient arrivés à un âge où la locomotion bi-cyclédique est un vieux souvenir et que beaucoup d'entre-eux ont des gabarits qui vous découragent la première chambre à air venue ! La selle fut leur première douleur, les cuisses finirent par brûler et au bout du compte, le vélo fut ré-apprivoisé cette fois encore.

    Tout feu tout flamme, le départ est toujours l'occasion de brûler les premières cartouches, de faire le fier à cuisses, de jouer les costauds et de s'enflammer. Immanquablement, les plus véloces s'aventurent sur des chemins de traverses, des sentes étroites au bout desquelles il y en a toujours quelques-uns qui perdent le groupe de vue. Nous perdîmes de longues minutes à nous chercher, nous attendre en des lieux différents ce qui n'est jamais très efficace et contraint à laisser passer les dernières minutes de jour.

    Quand les brebis égarées retrouvèrent le troupeau, il eut été sage d'allumer les lanternes mais bien-sûr peu de ces vélos occasionnels en étaient pourvus. C'est au crépuscule que dut s'achever le parcours et la crainte du noir donna des ailes à mes lascars …

    L'intendance ne fait pas que suivre dans le monde associatif, elle précède parfois les troupes et exagère souvent leur nombre. C'est un repas pantagruélique et nos sacs qui nous attendaient sur le lieu de notre premier bivouac. Le joueur de Rugby n'est pas homme à se rebuter devant l'excès et chacun s'évertua à manger aussi la part de ceux qui ne sont pas venus. Se caler l'estomac est fort utile lorsqu'on craint l'étape suivante, la nuit sous les étoiles à la mi-septembre, une expérience nouvelle pour beaucoup.

    Les garçons préparèrent avec soin leur installation, bâchant comme ils pouvaient un bien petit duvet quand il faut affronter la rosée et la fraîcheur d'une nuit pourtant clémente. Un plus malin avait prévu un rouleau de polyane qui sauva du naufrage les étourdis. Quelques verres d'alcool vinrent donner l'illusion du courage et de la chaleur, quand on est inquiet, on trouve toujours occasion pour faire le larron.

    Bivouacuement vôtre

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