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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Sur le sentier côtier

Sur le sentier côtier


 

Ballade pour le bout de la planète.


Nous cheminons lentement sur ce sentier côtier. Nous nous régalons de ce spectacle, pour nous offert par le grand herboriste céleste. Il nous éblouit des mille et une teinte de la bruyère lumineuse. Elle s'abandonne sur les pentes en un entremêlement de teintes subtiles, elle se fait palette exubérante d'un aquarelliste de génie.


Si la flore se pare de ses merveilles, Caleb et son maître des ténèbres sculptent le granit et la côte. Ils multiplient les gargouilles inquiétantes, les formes menaçantes, les pièges mortels. La pierre fut souvent sépulture des marins perdus, elle est lourde des sanglots qui montent de ses flots.


Le flux et le reflux ! Le ressac frappe la roche grise, il murmure une plainte sourde, il retient encore une colère à contenir, une tempête qui viendra tôt ou tard pour montrer aux hommes la frontière menaçante, ce mur de granit au-delà duquel le seul maître à bord n'est pas de ce Monde.


Quelques rochers esthètes accueillent un tapis de lichen facétieux. Toutes les espèces se mêlent pour dessiner une carte au trésor botanique, un chamarré de gris, de bleu et de vert, quelques tâches oranges et des éclats de jaune.


Plus bas, à nos pieds incertains, l'eau vient frapper la muraille rocheuse. Elle toque à cette porte diabolique. Sa rumeur qui pour l'heure est un doux murmure, se fera à n'en point douter, colère redoutable, tumulte dangereux, vague de protestations. De caressante, la mer deviendra furie au premier souffle de vent.


Au loin, un espace de sable fin offre un havre de bain à d'étranges animaux. Des piaillements indistincts, des cris perçants, un tumulte permanent. Ils font à eux seuls, bien plus de bruit que la faune de ces lieux. Curieusement, ce chant a une énigmatique similitude avec celui des mouettes et des goélands.


Partout le long de cette côte, la fougère s'octroie la part du loin. Elle envahit un espace que les troupeaux ont déserté. C'est sur ce sol acide, le triomphe de ces grandes feuilles. Plus elle s'étale, plus la diversité recule.


Un goéland s'approche des hommes. Il vient quémander quelque nourriture pour le prix de son audace. C'est le triomphe des espèces qui se jouent de l'homme, plus l'animal est cabot, plus il a de chance de s'adapter à ces curieux bipèdes.


Le cormoran préfère la solitude aqueuse. Il s'écarte du tumulte à l'abri d'un affleurement rocheux. Il étend ses ailes en un bien joli ballet que quelques naïades, sur le sable ensoleillé, semblent vouloir imiter dans une horizontalité absurde.


Au détour d'une pointe, au creux du sentier, des murs de pierres, par l'homme autrefois ont été dressé. Il ne s'agit nullement d'une barrière pour se défier de son voisin, d'une frontière pour écarter celui qu'on ne connait pas. Le mur sépare la terre cultivée et la lande sauvage qui vient se dissoudre dans l'immense rivière agitée.


Notre promenade se poursuit. Nous suivons cet étroit sentier qui serpente à porté d'émerveillement de ce spectacle prodigieux. Il monte, il descend, il s'élève, il plonge dans une immense révérence à l'océan tout proche. Celui-ci se sait par nous admiré. Il se pare de teintes subtiles, de variations étonnantes.


Du bleu azur, au violet, du vert tendre aux teintes de l'automne, de la magnifique transparence à la profondeur de l'encre, pas un instant l'onde se satisfait d'une couleur uniforme pour notre plus grand émerveillement. Le bonheur est à chaque pas sur le sentier côtier !

 


 


Finistèrement vôtre

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