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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Sûrement pas à l'œil !

L'optique floue du mépris médical …


    Notre système de couverture sociale se dégrade d'année en année. Comme dans le même temps, notre niveau de vie ne fait que régresser malgré les promesses d'alors du candidat qui fut élu sur le slogan : « Le Président du pouvoir d'achat ! », il est de plus en plus compliqué de se soigner dans ce pays.

        Je viens de renoncer à changer mes lunettes. La triste réalité finit par toucher des catégories qui échappent encore à la misère réelle qui est le lot de tant de travailleurs français. Cette fois, c'est par écœurement que j'ai mis les pouces devant une nouvelle dépense qui échappe pour trop grande partie au remboursement.

        Oui, nous en sommes rendu là et j'exprime ma solidarité à toux ceux qui n'ont plus d'autre choix que de renoncer à se rendre chez les spécialistes de tous crins, gens forts respectables aux besoins largement au-dessus du commun des mortels. Il n'est plus possible de visiter un praticien sans passer au tiroir caisse de ceux qui sont devenus des épiciers de la santé.

        Qui ne prend pas son dépassement n'est pas digne d'être de la profession. Nous sommes agressés de cette dîme qu'il faut payer à chaque visite à la doctrine Libérale. C'est insupportable, c'est intolérable et pourtant, que faire ? Je rêve un jour d'avoir le fils de l'un de ses dignes représentants du conseil de l'ordre, dans ma classe et de lui dire, le plus calmement du monde : « Pour avoir votre copie, il y a un petit supplément de cinq euros ! »

        C'est vrai que j'ai moi aussi des frais. Il me faut aujourd'hui prendre assurance juridique tant les risques sont grands de se retrouver devant un prétoire, pour un non ou pour un mot de travers. Il me faut acheter un ordinateur personnel pour faire mon métier, dépense déductible de rien et jamais couverte par une maison qui n'équipe pas ses agents. Il faut encore fournir petit matériel à des gamins qui n'ont jamais plus rien et qui oublient souvent de le rendre …

        Je suis certain que ma demande déclencherait des exclamations scandalisées, surtout chez le carabin, bien vite prompt à mépriser tout ce qui a trait au service public. Pourtant, je ne serai qu'un pâle imitateur de ces bandits de grands médecins. Rêve illusoire, il faut l'avouer, jamais enfant d'une blouse blanche ne se retrouve dans un établissement public comme le mien.

        En attendant, j'ai pris rendez-vous il y a plus de six mois pour me retrouver délesté de quarante euros au-delà de la limite acceptable par la convention. Je découvre ensuite, chez mon opticien qu'il y a moins de trois ans que j'avais consulté le spécialiste et que pour ma mutuelle, point de remboursement de montures avant ce délai.

        Je dois vivre avec mes céphalées ;  la crise de la dette, la rigueur et la bonne gestion des deniers publics exigent de moi ce modeste sacrifice. Je le consens d'autant plus volontiers que je découvre ensuite que si je revenais dans les délais impartis par des gens qui n'ont jamais de maux de tête, j'aurai à payer somme considérable de ma poche pour quelque chose qui doit relever sans doute du confort personnel !

        Ma mutuelle est pingre, ma mutuelle est scandaleusement avare quand il s'agit de lunettes. J'ai le malheur d'avoir vue bien floue, de devoir porter des verres à la fabrication délicate, verres progressifs et accumulation des problèmes. Tant pis pour moi, il me faut vider ma bourse pour m'offrir ce luxe ! Je n'en puis plus et je jette l'éponge. Ils veulent la guerre, ils l'auront.

        Les maux de tête vont me rendre enragé. Voilà belle motivation pour billet assassin. Cette société nous prend pour quantité négligeable, êtres méprisables et citoyens taillables et corvéables à merci. Un jour viendra où tout ça nous sortira par les yeux, il ne fera alors pas bon se trouver en travers de notre chemin ! Je crains de très gros dépassements à moins que ce ne soient des débordements ….

    Ophtalmiquement vôtre

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