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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Syrien ne bouge !

L'œil est notre unique conscience ...





Il est un pays où le peuple est assassiné en silence. La presse étrangère interdite de séjour, les états voisins se taisent et les nations unies sont prises au piège du soutien de la Russie et de la Chine pour un pays stratégiquement intéressant. La morale et le peuple ne sont en rien au regard des impératifs économiques ou politiques.

Alors, sans que personne ne lève le petit doigt, un fou furieux tire sur la foule : femmes, enfants, vieillards et jeunes, indifféremment servent de cible à ce monstre qui, il y a peu, foulait les tapis rouges de nos démocraties fictives. Aujourd'hui, c'est sur le sang des siens qu'il avance ; la tête haute et la conscience en paix.

Nous assistons muet à cette hécatombe. Une armée tire sur la population, des armes contre des poitrines, sans doute fabriquées chez nous, des munitions qui doivent continuer à se vendre pour que dure la mortelle comédie. Nous observons altérés, nous savons maintenant qu'aucune réponse n'est adaptée à cette détestable réalité.

Les avions sur La Libye n'ont guère eu d'effet. L'armée en Afghanistan ne fera pas reculer la barbarie. Il n'y a pas de réponse facile, pas de posture humaniste quand le fond de l'horreur est atteint. C'est l'homme qui est ainsi fait. Avec lui, le plus terrible n'est jamais certain. Demain peut être plus effroyable encore qu'aujourd'hui ….

Nous comptons les points, les morts, les drames. Nous commentons, nous nous indignons, nous défilons mais pourquoi ? Rien ne permettra d'infléchir Bachar al-Assad. Quarante huit ans de règne donne des habitudes qu'il n'est pas question d'abandonner facilement. La mort qu'il sème si facilement ne sera aussi que sa seule issue. Fasse que cela vienne vite !

Pour l'heure, nous déplorons un massacre et nos mots ne sont pas à la hauteur de l'abomination. La presse tire : « La Syrie réprime dans le sang les manifestations ! ». Réprime ou supprime ? Pourquoi ne pas aller jusqu'au bout de la logique, dire vraiment qu'il y a une volonté de suppression de toute velléité de révolte ?

Mais les mots ne sont plus rien. Les images manquent pour que l'opinion se sensibilise. Le tyran a bien compris, lui qui ferme les frontières, bloque les réseaux internet. Couper l'émotion, c'est gagner la bataille de la non-communication. Nous n'avons plus aucune capacité d'empathie quand nos pupilles ne peuvent appréhender la réalité évoquée.

Voir pour croire, voir pour s'émouvoir, voir en boucles, sa gaver de la souffrance des autres pour enfin pouvoir la partager un peu. On nous dit que l'armée dans des hélicoptères tire sur les manifestants. Montrez nous une place jonchées de cadavres et nous nous offusquerons. On nous dit que des chars foncent sur des femmes et des enfants. Proposez nous des corps déchiquetés et nous aurons des hauts le cœur et des élans de sympathie.

C'est le spectacle qui provoque la compassion. Des images en boucle, du sensationnel, du sanglant, du terrible. Plus l'hémoglobine coule plus l'opinion des pays que l'on pense civilisés se mobilise. Mais, ami Syrien, pour toi, rien de tout ça. Tu meurs loin des caméras et des microphones. Tu n'as rien compris des impératifs de notre société de communication.

Un petit effort que diable. De l'agonie visible, des blessures tangibles, des meurtres filmés en direct. Le spectacle se met en scène ou ta révolution n'aura que peu de chance d'aboutir. Il est grand temps de t'offrir un plan média et un homme qui sache te mettre en avant. Bernard Henry Lévy ferait sans doute bien l'affaire !

Spectaculairement tien.

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