Lundi 16 novembre 2009
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Publié dans : Compétition et conséquences
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Le talent de la pépite …
La furieuse bataille contre les Boocks vient à peine de s'achever que nos experts de la télévision nationale, par un chemin obscur et sinueux, déclarent que le meilleur joueur de
ce combat de tranchée est « Louis Picamolles ».
Le sus-dit est loin d'avoir démérité, il a avancé sur chaque ballon qu'on lui donna. Il ne refusa pas sa part dans la terrible confrontation des paquets. Il poussa, plaqua,
sauta, … Tout cela est vrai et il faut rendre hommage au néo-toulousain pour l'énergie donnée aux siens.
Quelques esprit nécessairement tatillons feront remarquer qu'il achève systématiquement ses perforations par un passage au sol qui arrête l'action et ne la rend pas aussi utile
que veulent bien le dire nos commentateurs avisés. Qu'importe, la victoire est belle et ce monde a besoin de personnaliser le succès, ce sera Picamoles qui héritera de la coupe Mickey.
Faut-il être aveugle pour oublier de distinguer deux hommes qui ont sur cette partie atteint au sublime. Capitaine fer de lance et pilier d'anthologie ont crevé l'écran,
broyé les verts de rage devenus verts de trouille dans l'épreuve de la mêlée fermée. Thierry Dussautoir comme chaîne en or, Vincent Barcella comme pépite étincelante, voilà les véritables héros de
cette bataille quand on cède à l'injonction sociétale de distinguer parmi les hommes les plus valeureux, les plus méritants.
Depuis quand avons nous vu un pilier « dézinguer » son vis à vis, « destroncher » les pauvres méchants d'en face, « bouffer » l'espace et
l'adversaire, « casser » les vagues adverses et courir plus vite que tous. Il était partout, il illumina ce match d'une énergie incroyable, d'une efficacité exceptionnelle, d'une hargne communicative.
Il est entrée de plain pied, de pleines épaules, à bout de bras et de courage, à la force du poignet et de son cœur
dans la légende des « monstres » de ce sport où les hommes savent si bien s'élever au-dessus de la pauvre condition de mortel.
Monsieur Barcella fut gigantesque, il a renversé la montagne hautaine, méprisante, féroce des champions du monde en exercice. Derrière lui, tous les autres se sont mis au
diapason pour oublier les coups, les chocs, les interrogations classiques lorsqu'ils affrontent une nation majeur de l'hémisphère
sud.
Son compagnon le capitaine rendit une copie presque aussi convaincante. Il était partout, déchirait le rideau adverse et donnait des ballons (lui !) qui trouvaient souvent
l'homme aux trois poumons ; le pilier ailé.
Les gazelles se sont cassé les dents ! Face à elles, il y avait des éléphants qui couraient plus vite et poussaient
plus fort qu'elles. Le combat était inégal, pour une fois.
À ma modeste place, je tenais à réparer l'injustice faite à ces deux garçons. Quand on tient absolument à mettre en lumière la performance d'un homme dans ce jeu si collectif, on ne comprend pas grand chose au rugby, ce qui n'est pas très surprenant puisque la
récompense est patronnée par une banque*, on ne doit surtout pas se fourvoyer et passer à côté de l'exceptionnel, du sublime, du gigantesque.
C'est un peu comme si la banque* en question n'avait pas vu venir la crise économique et le scandale des fonds pourris. Pardon, je m'égare ce qui ne risque pas d'arriver à notre
paquet avec ces lascars merveilleux !
Il faut maintenant trouver une vraie touche et des lancements de jeu avec les trois-quarts pour enfin rêver à une couronne mondiale sur laquelle brilleront ces joyaux.
Dithyrambiquement vôtre.
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