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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Tribunal scolaire 1

L'échelle des sanctions ne mène pas au ciel !




Il en a fait des vertes et des pas mûres pour se retrouver devant cette instance préparatoire au jugement dernier, le conseil de discipline. La patience a des limites qui sont bien définies par un code disciplinaire parfaitement encadré dans sa prudente graduation des peines en ce monde clos. Ici la loi s'exprime de deux manières que l'on soit sur le terrain ou bien un peu plus à distance dans son bureau.

Le menu délit, la faute vénielle qui ne sort pas de la classe se nomme punition. C'est l'adulte responsable qui se fait juge et partie, donne la punition quand il constate la faute. Que ce soit pour un retard, un travail non rendu, une tricherie manifeste ou bien un mot de travers, l'enseignant dispose d'un arsenal de poche, une petite panoplie de secours qui fait doucement rire les terroristes des salles de cours.

Un travail supplémentaire, une heure de retenue et le pauvre professeur est à son tour puni. Il doit donner un travail qui lui faudra corriger pour une forte tête qui se soucie de la chose avec un profond dédain (même si ce mot échappe à son niveau de compréhension). Bien heureux encore qu'il obtienne satisfaction, que la sentence pourtant bienveillante soit appliquée. Le téléphone peut se mettre en branle et la famille ulcérée venir réclamer blanchiment de son rejeton qui ne peut mériter pareille injustice.

Tous les arguments sont bons à la mère outragée dans sa dignité de génitrice. Le professeur est incompétent, il en a après sa chère tête blonde, il ne sait pas se faire respecter ou bien use de l'erreur judiciaire comme d'autres de leur portable. Chaque punition est maintenant l'objet d'âpres négociations, de négociations de marchands de tapis. La parole de l'adulte n'a plus aucune valeur dans cette institution de toutes les dérives.

Le vraiment embêtant, le crime de lèse règlement intérieur fait appel à la force de frappe. Il y a alors une chaine des décisions qui mène l'impétrant au bureau du représentant suprême de l'ordre en ce lieu. La sanction est de la seule responsabilité du principal, seul maître à bord après Dieu Le ministre de l'éducation Nationale et tous ses prophètes pyramidaux.

Il peut s'agir d'une insulte, d'un fait de violence avec blessure, d'une menace de mort (très fréquente de nos jours ou le vocabulaire n'a plus aucune tenue). Il y a eu un rapport circonstancié établi par l'adulte responsable du moment crucial. Des dépositions peuvent être prises pour corroborer les faits, établir des responsabilités, alourdir le dossier.

Le principal examine en son âme et conscience professionnelle les pièces d'un dossier qui est exclusivement à charge. Il reçoit le coupable pour lui remonter les bretelles, éventuellement entendre sa version des faits. Il peut si le cœur lui en dit convoquer la famille, les heureux responsables de ce triste personnage qui sème la discorde, la peur et le chahut.

Là, les affaires se corsent si je puis dire et le ton risque fort de monter de quelques décibels. Il n'est pas prudent de montrer d'un doigt punitif un pauvre enfant qui jurera ses grands dieux qu'il n'a rien fait. Le déni est devenu monnaie courante et bouclier d'immunité pour certaines familles peu enclines à donner satisfaction à une institution qui ne représente plus rien à leurs yeux.

Au bout de ce parcours éreintant, une sanction sera prononcée dans le respect d'une pyramide des décisions qui laisse largement le temps aux chenapans de ruiner l'année scolaire d'une section. Avertissement, blâme, fiche de suivi, exclusion interne, exclusion externe, conseil de vie scolaire. C'est alors la dernière marche avant la peine capitale, le Conseil de discipline, le bâton de maréchal des petites frappes.

Nous en sommes là et je me dois de n'en rien dire, pour ne pas heurter les âmes sensibles.

À suivrement sien.

 

 

Hors sujet mais si indispensable /



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