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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 07:33
- Publié dans : Carton rouge - Communauté : Les chroniques de la meute
La face noire de l'humanité.

    Parfois, on peut avoir honte de sa passion, d'appartenir à cette cohorte de spectateurs de la geste sportive. Les images qui nous proviennent de certains stades, les actualités relatant des émeutes urbaines renvoient les amoureux de la compétition à la plus terrible animalité.

    Bien-sûr, les membres de la principauté d'Ovalie échappent régulièrement à cette honte qui afflige plus souvent qu'à son tour ce cher ballon rond qui se pousse au pied. Les individus à moitié nus, le bras levé, la haine à la bouche et l'insulte pour unique expression n'ont rien en commun avec les rugbymen en goguette, le casse-croûte en commun et la chanson en bandoulière.
    Les bêtes sauvages suivent les rencontres du sport roi (de quoi, on peut se poser la question), parqués dans des réserves sécurisées par des stadiers si peu différents d'eux. Les troupeaux bêlant ou vociférant sont rangés par clans, par sectes ou par origines. L'apartheid de la connerie est érigé en système de contrôle, les bleus à l'écart des verts, les rouges bien loin des blancs.

    Un espace sécurisé, une béance de sièges vides et souvent détruits, est comblé par des CRS qui auraient sans doute mieux à faire dans les espaces de non-droit (à moins que les stades viennent s'ajouter à cette définition). Les visiteurs du soir (pardon Monsieur Carné) sont mis au banc de cette société festive dans un espace congru, un angle mort, un coin de tribune bien loin des fous furieux de la puissance accueillante.
    Quel bel exemple de tolérance et de fraternité sportive telle qu'on veut nous la vendre tous les quatre ans. Et pour corser la chose, l'avant et l'après, en dehors du stade sont encore de belles occasions de rixes et d'algarades, de batailles rangées et d'émeutes urbaines. On y fracasse joyeusement des voitures et des vitrines, on y lance des pierres sur les autobus ou les passants, on s'y fend la gueule à coup de godasses ou de barres de fer… Que du bonheur !

    Pour bien préciser la nature belliqueuse de ces petites réunions entre ennemis, on sort la musique militaire pour y jouer des hymnes qui brillent par la bienveillance de leurs paroles. On se délecte à siffler, à conspuer l'hymne de son adversaire en regrettant ce bon vieux temps où les nations se faisaient la guerre pour de vrai !

    On brandit des étendards qui n'ont parfois rien à voir avec la carte d'identité du porte-drapeau. La provocation se confond avec la bêtise, la haine se dilue dans la stupidité. Tous les ferments de la discorde sont attisés dans ces volcans en ébullition que l'on désigne du doux vocable de Stade.

    Le Rugby échappe en partie à la salissure de ce public décervelé. Pourtant quelques signes devraient nous mettre en éveil, nul n'est immunisé contre la bassesse humaine.
    On conspue ici ou là l'entrée des visiteurs, on offre une bronca à la concentration du botteur, on injurie l'arbitre un peu partout quand on ne cherche pas à le molester. Quelques équipes refusent aussi de sacrifier au rituel de la haie d'honneur et, dans de rares occasions, la réception est boudée.

    Il faut demeurer vigilant pour échapper à la honte qui afflige nos amis du football. L'arrivée des nouveaux supporters nous contraint à toujours plus de pédagogie dans nos tribunes pour conserver cet esprit qui fait notre fierté. Rien n'est jamais acquis, hélas !

    Continuons à mêler les supporters, à mélanger les couleurs, à partager les verres de l'amitié dans la plus totale fraternité.

    Supporterment vôtre.
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