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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Une case vide

Double je !

Terrible sentiment d'égarement ! Le diagnostic est tombé, redoutable, irrémédiable. J'ai une case vide … Comment se relever après pareille révélation ? Comment savoir qui je suis ? Me voilà affubler d'un double je, celui qui assume ses fonctions organiques et l'autre qui se perd dans les arcanes d'un passé qui lui échappe, d'un présent qui s'effrite, d'un futur qu'il ignore.

 

« C'est ainsi que débute ma journée, une annonce tragique, un sentiment de dépossession. Je suis confronté à une nouvelle qui fera de ma vie prochaine un tapis de jeu sur lequel je ne serai qu'un pion. Je me joue alors des répliques et des jeux de mots, je tente la fortune alors que je viens de me perdre. »

 

Les dés sont jetés, il me faudra vivre ainsi en manque de moi-même. Nulle excuse ne viendra agrémenter la nouvelle, cette annonce m'a faite un mal de chien Je ne couperai plus aux désagréments de celui qui ne cesse de se perdre, de s'égarer sur le tapis de la vie. Mes cartes sont faussées, la donne est mauvaise. Je joue un rôle qui n'est plus le mien.

 

« Je perçois la vacuité de mes propos, je comprends bien que rien ne sera plus comme avant. Pourtant je continue à feindre l'ignorance. Je provoque la chance, j'implore le destin pour que tout ceci ne soit qu'un mauvais rêve. Je deviens le croupier de mon destin alors que j'ai déjà fait exploser ma banque. »

 

J'avais pourtant, bien avant cette déveine, une belle main, de la chance et des jours heureux. Rien ne semblait perturber le cours der mon existence, je disposais des atouts qui vous donnent de le sentiment de ne rien redouter. Je n'avais pas à craindre le hasard, j'étais roi en mon royaume, mes histoires de cœur me faisaient valet de ces dames !

 

« L'illusion ne peut plus durer. J'ai beau faire semblant, tout s'effrite, tout s'effondre sous mes pas. Je me perds à moi même, je ne retrouve plus mon chemin. Je ne sais ni d'où je viens ni où je vais. Pourtant je continue à faire le mariole, à faire illusion en manier des mots qui se dérobent eux aussi ! »

 

Puis le vent a tourné. Je me suis dilué dans les grains de sable du sablier. Je suis devenu l'un de ses petits cristaux de silice. Le temps s'écoulait et mes souvenirs s'enfuyaient. Plus rien ne restait en mémoire, dans les réunions j'étais le joker qui sortait de sa boîte. Être informe, pion interchangeable, j'étais l'un ou bien l'autre, supplétif ou pièce d'appoint. Je n'avais plus de fonction, j'étais coupé de la vie réelle.

 

« Plus j'avance et plus je m'aperçois que mes efforts sont vains, que les phrases alignées ont perdu de leur sens. La cohérence n'est plus de mise, il y a un épais brouillard dans ma tête. Je poursuis malgré tout à jouer le fanfaron. Pauvre de moi, guignol sans castelet ! »

 

À la redistribution des fausses-cartes, je me suis retrouvé sous la goulotte. J'ai tiré le fou, l'image de la mort. La figure mortifère du malheur et de ennuis, de la perte de soi et de la dissolution de sa mémoire. Je découvre un mot compliqué, un mot qui rapporterait de bien nombreux points au scrabble si j'avais la possibilité de m'en souvenir. Il me glisse entre les doigts, il file, se dérobe et se moque encore de ce que j'étais.

 

« Mais qui donc a pu écrire pareilles sottises ? Je dois rectifier bien vite ce discours absurdes, me porter en faux contre ces répliques idiotes, ces saillies pathétiques, ces pirouettes si mauvaises. Un autre est venu s'insinuer dans ma tête, il écrit fort mal et se prend pour un autre. »

 

Comment combler cette case vide. Qui mettre à sa place ? Un roi en son royaume, un tour impénétrable, un cavalier aventureux ? Tout plutôt que ce vide que je ne peux combler. La bataille est rude pour tenir encore la piste, donner apparence humaine quand je ne suis plus qu'avatar de ce que je fus jadis. Ombre qui s'efface, plus personne ne me veut dans son jeu. Je suis écarté, rejeté, traité comme un chien que l'on laisse à sa niche.

 

«  Cette fois, je ne sais plus. Qui suis-je ? Qui est cet autre moi-même ? Qui sommes nous tous deux et que faisons-nous ici à nous renvoyer une balle qui rebondit dans le vide ? Les questions restent en suspens. Si tôt dites, elles se perdent dans le vide de nos cerveaux égarés. »

 

J'ai beau pioché, creusé tout autour de ce trou béant, je ne retrouve rien. Je suis vide de mon passé, je suis dépourvu de demain. Mes couleurs se diluent, mes figures d'antan se dissolvent. Parfois, je fais illusion, je tente un coup de poker, j'affirme au hasard que je reconnais mon partenaire du moment. J'ai bluffée, il est si facile de me deviner, de lire dans mon jeu, que bien vite, je me retrouve abattu.

 

« Voilà de bien étranges choses, écrites ci où se demande par qui. Qui donc est cet intrus ? Qui est celui qui parle entre guillemets à cet autre qui ne soucie guère de lui ? Tout est décousue, je ne suis que la doublure d'un autre que j'ignore. »

 

D'autres fois, je mets tout sur la table, j'abats mes dernières cartouche, j'annonce la vérité terrible. C'est pire encore, on me repousse, on m'ignore, on m'écarte pour toujours. La vie est une combat, il vaut mieux y cacher son jeu, ne pas jouer carte sur table surtout quand on n'a plus de figure présentable.

 

«  Que fais-je ici ? Que sont ces signes étranges qui se glissent sur mon écran ? Petits symboles cabalistiques dont j'ignore à présent le sens. C'est la force de l'habitude qui dirige mes doigts, plus rien n'a de signification pour moi ! »

 

J'ai le rouge au front et des idées noires. Je ne sais pas pourquoi, c'est bien là le seul avantage de cette situation désespérante. Je n'ai d'autres recours que de confier à une cartomancienne de lire mon passé dans un jeu de Tarot. J'écoute amusé sa belle fable, elle me fuit aussi vite qu'elle fut racontée.

 

«  Je n'ai plus aucun souvenir de ce que j'étais ici. On me dit sue j'avais un pseudonyme plaisant, qu'on me lisait souvent et qu'il y avait parfois belles batailles idéologiques autour de mes billets d'humeur. Tout cela s'efface, tout est lointain souvenir, vieille histoire dont il ne restera bientôt plus rien. »

 

Je n'ai plus qu'à passer la main, le récit se perd, les situations reviennent, j'oublie à chaque ligne ce que j'ai pu écrire la ligne précédente. Mes mots se perdent à la vitesse d'un cheval au galop, je ne saurai jamais ce qu'il y avait sur cette case perdue. Il me faut vivre avec ce trou qui devient puits. D'étrange personnages sortent de mes rêves sans suite ni idées. Un barbu, des nains jaunes, des petits chevaux et des cochons roses. Je n'ai que faire de cette étrange compagnie.

 

 

« L'auberge où je trouvais refuge vient de me fermer sa porte. Une belle tenancière prétentieuse boude les humbles, les anonymes, les sans grades. Comment lui dire que je veux me faire un nom puisque j'ai perdu jusqu'à la connaissance du mien ? Elle a le rejet facile, nous ne sommes deja plus rien ! »

 

Le verdict est tombé, vous le saviez bien avant moi. J'ai tiré une carte chance, je ne suis pas revenu à la case départ, j'ai du verser vingt mille francs à celui qui me condamna à la perte de moi-même. Alzheimer me dit-il ! J'ignorais que l'on ne payait plus en francs et qui pouvait bien être cette chose au nom imprononçable. J'allais lui demander qu'il m'explique la règle du jeu, qu'il me permettre de me refaire un peu la santé. Je voulais souffler, non plus jouer. Il me prit par le cœur pour me l'arracher pour toujours.

 

«  Aurai-je commis grossière erreur, confusion étrange. J'ai perdu la tête, je me suis totalement emberlificoté entre deux mots si étrangers à ma compréhension. J'ai cru, un instant avoir tout perdu, effacé mon disque dur, vidé ma gibecière à jolis récits. Mais il semblerait que ce soit de bien vilains qui ont fomenté le complot! »

 

Nous ne sommes pas là pour jouer mon ami. Vos cartes sont mauvaises, vous avez tout perdu. Vous n'avez plus que vos jeux pour pleurer. Voilà, c'est fini, je suis resté au tapi. Capot, ratiboisé, vidé, écarté. C'est fini pour moi ! Ma tête ne me revient plus, elle est vide à tout jamais.

 

« Je sais maintenant que c'est mensonge que tout cela. Je suis moi-même et pour longtemps encore C'est Nabum pour vous servir. C'est ma place ici qui change d'aspect. Pont de maladie de la mémoire, pas cet Alzheimer qu'on m'a fait croire. C'est un américain qui transforme le décors, un mot si étrange que j'en cru l'espace d'un billet que je n'étais plus rien. « Huffington post », voilà le nom de cette étrange poussée de fièvre qui m'a conduit à ce charabia grotesque, à ce délire qui faillit m 'emporté. Les jeux sont faits, nous nous rappèlerons le temps béni de la liberté d'expression sur notre cher Post. . La règle du jeu va changer, nous verrons bien comment se conduiront les nouveaux maîtres de céans»

 

Ludiquement mien.

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Extincteur 22/01/2012 12:46


Arfffff


Je crois que le problème du post, c'est que c'était un joyeux bordel, ou on pouvait y cotoyer l'excellent, le bon et le mauvais !


Sauf que malheureusement, le mauvais y a pris le dessus !


En y écartant pas mal de bons !


C'est vraiment dommage, car ce concept a permi à beaucoup d'excellents z'internautes lambdas d'apparaître au grand jour (par exemples, vos z'écrits étaient visibles dans les z'infos "insolites"
de Yahoo !!)


Mais bizarrement, personne d'autre n'a ce concept !


Vous avez surement remarqué que Benoit Raphaël ne l'a pas repris sur leplus  !!


Y'a des z'élites pensantes dans ce pays, et çà leur déplait que le vulgaire internaute puisse y avoir accès !


Une ancienne invitée assez controversée, mais qui considérait que le posteur lambda était aussi important que le posteur "invité", m'a fort bien expliqué les coulisses du post et les luttes pour
le pouvoir, ainsi que le mépris affiché par les responsables vis à vis de ceux d'en bas !


 

BR 22/01/2012 20:29



Extincteur


 


Je viens de regarder le rédacteur en chef s'exprimer, quel virtouse des mots !


 


Un jeune bafouilleur qui n'inspire aucune confianc et sur de lui comme un débutant pour son premier bal ! Dame Sinclair pose sur la photo pour la postérité mais pour le reste ça sent
l'amateurisme ...


Vous semblez bien plus informé des arcanes d lieu que moi qui passe l'essentiel de mon temps à mes occupations professionnelles et sportives et à écrire mon billet quotidien.


 


Je vais essayer de rester, nous verrons si ce ne sont que des menteurs.


 



pierrot 22/01/2012 12:03


On peut toujour ajouter une case noire, au risque de se retrouver dans le noir au bord d'un trou noir.


Bonne journée.

BR 22/01/2012 20:25



Pierrot


 


Une case noire et une blanche contigue. Il faut que la parité soit respectée sur l'échiquier car dans la vie il en va bien autrement. Et ma matière grise sera à l'aise à mi distance de ce noir
& blanc qui donne à réfléchir.


Merci



le concombre maské 22/01/2012 09:51


La vie est pleine de fins.


Le plus important n'est-il pas de rester soi-même ?


Je quitte le post sans regret emportant avec moi mon drapeau noir à la recherche d'une nouvelle marmite où le faire flotter.


A très bientôt

BR 22/01/2012 10:22



Concombre


 


Vous êtes pirate, je vais rester fiblustier ! J'accepte un temps le drapeau étoilé pour chercher à jouer le cheval de Troie. Si la stratégie échoue, j'ai monhavre de paix ici. Il ne faut pas
abandonner la place aux loups qui veulent nous faire peur.


Est-ce illusoire ? Je crains que oui mais il faut essayer.