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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Une manif un samedi

Clients et manifestants.










Étrange manifestation un samedi après-midi. Les porteurs de banderoles, de badges, de drapeaux, de manifestes et d'oriflammes revendicatrices se mêlent à la foule muette de ceux qui portent leur carte bleue pour unique conviction !

Jean Ferrat chante « Camarades », la CGT prend la tête du cortège, préséance historique qui ne se discute même pas. Les exclus du gâteau, les futurs miséreux de la retraite sociale voient défiler les rois de la consommation qui se précipitent dans les temples d'une société marchande toujours plus certaine de sa terrible capacité d'attraction.

Les commerçants redoutent sans doute une baisse de fréquentation. Ici point de risque pour les devantures, les excès ne viennent jamais de la rue, ce qui devrait inspirer une clique municipale bien moins exemplaire ! Derrière leurs vitrines, ils devraient se douter que la prochaine baisse des pensions de retraite (seul effet tangible de cette loi injuste) diminuera d'autant le pouvoir d'achat de leurs futurs clients...

Le ciel se couvre, il porte le deuil des espérances nationales. Ferrat stigmatise le bruit des bottes ! La météo maussade servira-t-elle les intérêts des tenants de ce système ? Le pouvoir se moque de tous ces gens qui chanteront sous la pluie leur haine de l'injustice en marche. Ils sont tellement à l'abri derrière les vitres teintées de leurs limousines officielles !

Madame et Monsieur portent chacun un sac Casa. Ils pressent le pas de crainte que l'on ne vienne dérober leurs petites économies. Ils ne veulent pas être comptés dans cette horde des hostiles, eux qui depuis si longtemps ne savent même plus à quoi et pourquoi. Ils sont lobotomisés par des sollicitations multiples relayées par la publicité.

Au centre de la chaussée, les contres se mettent en marche et en capacité à être comptésr pour un peu moins d'un tiers d'humain. Sur le bas côté, le flux ininterrompu des sans opinion, de ceux qui ne votent plus on n'ont jamais pensé à le faire, ce petit peuple crédule s'interroge sur les objectifs de leurs compagnons de misère. Pourtant, nulle conversation ne se lie entre les uns et les autres.

Ferrat propose un air de liberté. Un vieux souvenir, une belle nostalgie. Le tramway fend la foule 'défilante', il doit passer. Il est le symbole de la modernité contre l'obscurantisme des tenants des anciens privilèges, d'une société jadis solidaire. Il faut le laisser passer, la reforme est sur les rails !

Deux petits cons, scooter hurlant roulent au milieu des manifestants. Ils sont la caricature d'eux-même. Pleutres, ils font demi-tour à la vue des tenues bleu-marine. L'ordre ne bronche pas, il n'est pas là pour le fretin. Il s'évertue à compter et aujourd'hui, ce n'est pas simple. Qui compter, qui déclarer contre, dans ce mélange inextricable de marcheurs le poing levé et d'acheteurs effreinés.

Au cœur du cortège, le rouge domine. Rouge de colère, de honte et d'indignation. Rouge de ce feu  tricolore qu'ils voudraient voir s'allumer pour ce pouvoir inique. Rouge au front face à l'image que notre pays montre au monde, Rouge au cœur quand les avantages chèrement acquis par nos ainés sont détruits sans coup férir.

De partout, la foule arrive. Nul cri, nulle chanson comme si chacun devinait qu'il s'agit aujourd'hui d'un coup d'épée dans l'eau. Les jeux sont faits, le mépris s'ajoutera à l'indifférence. Le silence est leur lot et seul, le prochain coup de pied dans le cul à tous ces jolis messieurs pourra les sauver des travaux forcés à presque perpétuité.

Je rentre pour saisir sur mon clavier ces quelques impressions fugaces. Je prie le grand calculateur national de me compter dans la foule de ceux qui disent non.

Témoignagement vôtre.

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Le ch'timi 03/10/2010 15:16



Bonjour,


Ferrat reviens ! Il est fou ! ah ! ça ira ! ah ! ça ira ! les aristocrates à ,la lanterne !..tiens  c'est là qu'il réside...


bonne fin de dimanche



BR 03/10/2010 21:36



Ch'timi


 


Quelques têtes sur une pique, une nuit où l'on racourcit les privilèges, réduit les profits imenses et le mépris permanent. Une nuit de réduction des avantages acquis en débutant par la tête de
cette mafia.


 


Un rêve seulement ………