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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Une pré-rentrée bien ordinaire - 2 -

L'enseignant et la règle.


Le règlement inférieur.

 


    Le premier sujet de conversation qui obtient une relative écoute collective est le tour d'horizon des dérogations, des fuites vers le privé de nos classes sociales favorisées et du flux d'enfants venant d'un autre secteur. Il y va de la mixité et du niveau supposé des uns et des autres. L'école n'est plus le grand ascenseur social d'autrefois, les uns prennent une échelle de corde quand les autres s'installent dans des fusées interstellaires.

    Un cas bien trop fréquent dans notre système est alors évoqué. Un enfant pour lequel un dossier a été établi à la fin de la dernière année scolaire, ses professeurs pensant qu'il relevait de l'enseignement spécialisé. Une commission souveraine a statué. C'est d'une autre structure que dépend ce jeune-homme. Il faut déposer un nouveau dossier, faire une nouvelle demande pour valider cette décision tout en sachant que depuis belle lurette, toutes les classes de ce type sont pleines à craquer. Tout va bien dira notre ministre en visite promotionnelle dans l'agglomération !

    Nous avons droit alors à la litanie des statistiques de la saison passée. Le tableau d'honneur, les taux de réussites permettent de se réjouir alors que les prévisions étaient alarmistes. Personne ne s'interroge sur le pourquoi de ce miracle ! Le bilan chiffré efface toujours les cas individuels ; ces trop nombreux absents lors de l'examen final qui permettent de gonfler le pourcentage de réussite car ils ne sont pas comptabilisés dans les échecs. À tous les niveaux, les nombres sont bidonnés, faussés diront les puristes de la langue …

    La pédagogie a enfin son heure de gloire. Elle se résume maintenant en un délirant désir collectif de mesurer, évaluer, comparer, formater  nos chers petits anges et les quelques démons qui nous gâchent le métier. Le socle commun va prendre du galon et le professeur va faire des croix à longueur de soirées. L'anthropométrie scolaire est en route, plus de place à l'individu, il faut produire du savoir et des compétences comme des biens matériels.

    La sécurité est une priorité ministérielle. Quelle surprise, nous ne nous y attendions absolument pas. Les établissements doivent être protégés des intrusions extérieures tout comme des sorties intempestives et forcément prohibées. Un portail en ce lieu  ne semble  pas rebuter les rois de l'escalade. Une commission de sécurité du Conseil Général viendra rendre compte de l'Audit qui a été mené par une société privée. Voilà de l'argent mis en lieux sûrs !

    Il est difficile de suivre les autres questions essentielles, les remarques indispensables, les orientations multiples qui viennent de notre administration supérieure. Le brouhaha, l'aparté tiennent maintenant la vedette. Les parleurs ne se gênent plus, un portable carillonne et  la majorité de l'équipe enseignante est plongée dans la lecture de l'épais dossier.

    Nous touchons enfin le fond quand surgit l'épineux problème de la vie scolaire. Le règlement intérieur vaut-il aussi pour les adultes , La question divise naturellement ceux qui demain seront impitoyables avec leurs élèves mais se refuseront  à appliquer pour eux-mêmes quelques dispositions élémentaires. L'enseignant est-il au même niveau d'obligation que l'élève ? Est ce que l'exemplarité est une démarche formatrice ? Sommes nous capables de discernement dans notre capacité à mettre en œuvre les injonctions officielles ?

    Portable, agenda électronique sont au cœur de ce débat insoluble. L'interdit pour l'élève vaut-il également pour son professeur ? Il y a une vraie interrogation qui dépasse notre petite corporation. Peut-on exiger des autres quand on ne s'applique pas les règles à soi-même. Notre gouvernement serait bien en peine de résoudre ce dilemme.

    Je laisse les gens se déchirer sur ces questions essentielles. Depuis longtemps le nécessaire débat sur la fonction de l'enseignant dans notre société a été abandonné  au profit de  considérations si terre à terre qu'il est impossible maintenant de prendre de la hauteur dans cette profes
sion.
   
    Ordinairement vôtre

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Duchesse 05/09/2010 15:35



D'accord avec vous. Les préoccupation du ministère sont actuellement d'ordre économique (il faut que ça coûte moins cher) et clientéliste (il faut que les boites à bac et Acadomia fassent le
plein, que les professionnels du tourisme soient contents et que les enfants en garde alternée aient leur WE complet). Le ministère de quoi déjà ?


http://duchessedorleans.hautetfort.com/archive/2010/06/03/l-education.html



BR 05/09/2010 16:06



Duchesse


 


Ministre de la parole gouvernementale !


 


Quand on sait comment qualifier cette parole, on peut éviter de trop en dire pour désigner ce minstre de pacotille. Merci pour le lien, je n'arrive pas à tout lire et il est bon de m'éclairer
ainsi.


Bon diamnche à vous