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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Une ville sous le joug ...

Faits divers et insidieux …









J'aimerais pouvoir écrire que ce récit n'est que fiction, imagination maladive d'un esprit dérangé. Je préférerais évoquer des faits qui se dérouleraient dans un pays lointain, dans des régions peu enclines au respect de la démocratie. Je suis contraint de garder le silence sur le nom de la ville sur laquelle une chape de plomb a été mise par des adorateurs de notre Grand petit homme bien avant que celui-ci n'arrive au pouvoir.

Tout y est essayé bien avant la généralisation au plan national de pratiques malsaines, d'actions insidieuses, de discours haineux. Laboratoire d'un Sarkozisme autoritaire, cette ville n'a hélas pas l'exclusivité des dérapages et des abus et beaucoup penseront reconnaître leur cité à travers ces quelques lignes, c'est vous dire si notre pays se porte bien !

Tout a commencé par une victoire électorale précédée de feux de poubelles étrangement spontanés dans les quartiers « chauds » de la périphérie. Des pompiers accueillis à coups de cailloux et le bulletin de vote bascule vers le camp de l'ordre. Un vieux monsieur tabassé et la France bascule elle-aussi dans la psychose …

Les mesures sont immédiates. Couvre-feu des mineurs, brigades municipales patibulaires, intrusion de la municipalité dans les structures éducatives, prise en main des travailleurs sociaux, modification des critères de financement des associations, caméras de surveillance fleurissant partout. Les bonnes vieilles recettes inspirées par Orwels et ses pairs.

Petit à petit le climat passe de l'inquiétude à la suspicion, de la suspicion aux soupçons, des soupçons aux dénonciations, des dénonciations aux sanctions. La peur pour les étrangers, les différents, les opposants. La crainte de devoir montrer patte blanche à chaque carrefour. Des menaces qui deviennent réalité dès qu'on ose se dresser devant une force légale et si partiale.

Généralités me direz-vous ! Oui, c'est bien-là leur force. La toile se tisse lentement et les braves gens, les adorateurs de ce « bon sens » si cher à ceux qui s'appuient sur cette idée simple sont ravis qu'on les prenne enfin en compte. Les mécomptes arriveront plus tard !

La fourrière tourne à plein régime, les amendes fleurissent en toute saison, l'ordre doit être ostentatoire ! Puis ce sont les opposants qui découvrent que les agents de la sécurité ont été si imprégnés de leur puissance que tout peut maintenant arriver. Les parjures seront couverts …

Un délégué syndical est mis en garde à vue pour un défaut supposé du port de la ceinture et une réaction un peu trop véhémente face à une injustice manifeste. Un opposant connu quelques jours plus tard devant le défilé des lycéens crie par sa fenêtre de voiture : « Sarko démission ! ». Un motard de la police nationale arrive à sa hauteur et lui répond ; «Ça vous coûtera quatre-vingt dix euros ! ». L'autre de s'étonner et d'apprendre qu'il n'a, soit disant pas attaché sa ceinture … Contre la parole de ces gens-là, on ne peut rien monsieur. Heureusement, des manifestants avaient reconnu notre homme et le motard prit peur et laissa tomber sa forfaiture.

On sait que des circulaires sont diffusées dans cette ville pour mettre en cause l'action des opposants les plus en vue. Les enfants, la voiture, le voisinage, rien ni personne n'échappe alors à la rigueur ciblée de nos pandores. La police est aussi un outil de régulation politique.

L'économie aussi d'ailleurs. Des travaux qui traînent depuis plus d'un an dans une rue que l'on veut vider de sa population cosmopolite (quelle horreur si proche du centre). Plus ça dure et plus les commerces de bouche sont mis en danger de faillite. Qu'importe, les vautours attendent la mise à mort pour blanchir le quartier !

On dénonce en séance publique l'action pourtant exemplaire d'un directeur d'école. On refuse de répondre aux élus de l'opposition. On contrôle à distance les ordinateurs de ceux qui osent décrire la situation locale. Les ailes obscures d'un oiseau de malheur s'étendent progressivement sur la ville. Il ne fait pas bon oser s'exprimer. Il est encore plus dangereux de porter sur soi les marques visibles de la différence.









C'est ainsi que les amis du Grand petit homme espèrent conserver le pouvoir en 2012. La démocratie bâillonnée, les libertés limitées, la peur systématisée, les médias aux ordres, la police instrumentalisée, …

Cenabumement vôtre.

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