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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Vos enfants vous remercieront

L'héritage envolé …




La troisième puis la quatrième République avaient construit patiemment ce merveilleux service public de l'enseignement. Certes, il était imparfait, pétri de qualités immenses et de défauts tout aussi considérables mais il était au service de la plus grande masse, il était porteur des espoirs des petites gens, il assurait tous d'un égal traitement devant l'enseignement.

La cinquième République, héritière elle aussi des acquis du Conseil National de la Résistance avait su garder la route jusqu'à ce qu'un valet du grand capital, un petit être triste et malsain vienne tout effacer, tout détruire. Élu par les voix des classes privilégiées et des vieux, il a rempli avec zèle la mission pour laquelle il était mandaté : « Mettre à bas le service public de l'enseignement ! »

Le permis de démolir n'est pas arrivé à son terme mais les fondations sont si ébranlées que l'issue ne fait plus de doutes maintenant. Hier, l'annonce de seize mille suppressions de poste d'enseignants a été un nouveau coup fatal à la grandeur de la France, à l'égalité des chances et aux principes démocratiques.

D'année en année, le noir dessein du monstre se précise dans la droite ligne des injonctions de l'O.C.D.E. et des marchands de soupe. L'éducation devra être un bien de consommation comme les autres et sera soumis aux lois de la concurrence. L'école a deux vitesses existe déjà, il s'agit d'ores et déjà de multiplier les strates pour maintenir figé l'état de notre société. Que les riches permettent à leurs enfants de réussir leurs études et que les pauvres restent pauvres.

C'est simpliste, c'est inique et parfaitement immoral. Mais c'est exactement l'objectif que met en œuvre ce gouvernement de la honte qui devrait provoquer un vaste mouvement d'indignation. Mais voyez-vous la masse a été abrutie par des années de télévision, de mensonges, d'opposition officielle si peu différente du pouvoir en place que la masse est convaincue qu'il n'y a plus rien à faire.

Les sénateurs votent une rallonge de quatre millions d'euros à l'enseignement privé : personne ne s'élève contre ce scandale. Le président impose la gratuité des cours dans les écoles françaises à l'étranger pour faciliter la vie du petit Paul et des autres fils de nantis : on ferme les yeux sans se révolter.



Les diplômes sont dévalorisés, la mise en place du  socle commun est l'occasion rêvée de réduire encore les exigences et de transformer les enseignants en secrétaires serviles. Tout pousse le système vers le bas et l'étude internationale PISA confirme la catastrophe française. Qu'importe, il faut encore accélérer la décadence amorcée pour se débarrasser du mammouth.

Plus de formation pour les nouveaux enseignants, suppression des Réseaux d'Aide Spécialisée pour les Élèves en Difficulté : Rased, élévation des niveaux de diplôme pour entrer dans la profession. Tout concourt à la main mise du pouvoir sur cet ancien bastion de l'idéologie humaniste.

Autrefois, on entrait dans l'enseignement par conviction après un parcours qui s'était rapidement tourné vers les autres : colonies de vacances, associations, clubs sportifs, mouvements de jeunesse. Les maîtres avaient foi en leur métier, ils le choisissaient au nom de valeurs qu'ils voulaient transmettre au plus grand nombre. Maintenant, les nouveaux professeurs arrivent par hasard, ils trouvent là l'opportunité d'oublier un échec et se satisfont de ce travail alimentaire.

Continuez messieurs des grands partis de gouvernement. Vous sabotez l'édifice national, la maison commune qui a fondé notre nation. En janvier, vous n'hésiterez pas à formuler des vœux pour la France, nous savons déjà que ce ne sont que singeries et pieux mensonges, vos actes vous dénoncent mieux qu'un long discours.

Instituteurement vôtre.

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sylvain 16/01/2011 10:26



Hélas, tu as tout à fait raison; l'ascenseur social que constituait l'école s'est transformé en ascenceur pour l'échafaud ( position : on descend, surtout les enfants de pauvre)


SYLVAIN



BR 16/01/2011 20:52



Sylvain


Nous n'avons même plus droit au monte charge dans les quartiers où nous travailons.


C'est bientôt le toboogan socail et plus la pente est rude, plus nos lites s'en amusent


Affligeant !