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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Voyage en sortilèges.

Le mauvais genre est toujours le même !




Quoi de mieux pour ce jour maléfique sorti de l'esprit tortueux d'un premier ministre diabolique, qu'une histoire étrange ...

    À l'heure de la juste et nécessaire reconnaissance de la parité entre les sexes, il est bon de faire un voyage dans le pays des maléfices. Nous y abordons un monde étrange et vénéneux qui n'est que le pendant de nos arrières pensées ; celles qui expliquent en partie les difficultés actuelles à obtenir ce qui ne serait que juste équilibre entre hommes et femmes.



    À tout seigneur, tous les honneurs depuis la nuit des temps et la pomme croquée par la première de toutes. La Sorcière, vilaine au nez crochu, la verrue qui ne trompe pas, enfourche diaboliquement le symbole d'asservissement de son sexe ; le balai. Elle demeure éternellement femme au foyer, sur les bûchers de toutes les inquisitions masculines.



    Réclamons à cœurs percés par quelques aiguilles ou au son du cri de la chouette, des sorciers qui ne soient plus de nobles alchimistes; des êtres féconds qui mettent leur immense savoir au service du mal avec distinction et désintérêt. Non, que l'homme aussi soit porteur de cette haine gratuite. Je les rêve casqués, allant par monts et par vaux sur des aspirateurs sans sac à poussière : il faut bien que le mâle soit motorisé !



    Le pendant de la dame au nez et  au chapeau pointu est l'enchanteur ou le mage. Le beau rôle revient encore aux porteurs de braguettes magiques. Il pourfend les forces du mal, se démène pour vaincre cette horde de sorcières hystériques et étrangement frigides. Il nous enchante quand elles nous effraient. Le rêve est au masculin quand le cauchemar se peuple de ces femmes en noir.



    Pourquoi n'aurions-nous pas quelques enchanteresses charmantes et néanmoins bienveillantes ? La femme est-elle pour toujours la compagne du malin ? Nos histoires fantastiques s'honoreraient de quelques Merlines qui ne soient pas Ludivine. Au lieu de quoi, on nous sert souvent des harpies érotiques, des mangeuses d'homme et des monstres d'égoïsme.



    Si l'empire du mal revient en majesté à une flopée de démons, c'est que l'homme est fait pour dominer. Tous ces personnages détestables restent des mâles jusqu'au bout de leurs fourches. La puissance, même celle-ci, ne se partage pas. Elle demeure l'apanage de la seule phallocratie.



    La diablesse n'a point droit au chapitre. Quand elle exerce son petit commerce, on subodore qu'il est question de charmes, ceux d'une chair forcément concupiscente. Elle est reléguée dans l'alcôve ou l'arrière cuisine, de ces marmites ne sortent point des potions magiques mais d'affreux poisons, d'horribles mixtures de bonne femme.



    Le j'teux de sorts et le marabout sont encore des hommes. Ils agissent sur commande, ils mettent leurs pouvoirs au service de noirs desseins. Ils se font le bras damné de la méchanceté des gens. Ils sont le truchement de nos noires pensées. Ils sont exonérés ainsi de leurs tâches morbides. On leur pardonne aisément ce coup de main scabreux !



    La sorcière, elle, agit pour son compte, la femme n'a pas besoin de commande pour tomber dans ce délire de violence et de haine. Elle peut devenir au gré de nos besoins, faiseuse d'anges, empoisonneuse, infanticide, envouteuse, ensorceleuse … Le mal est en elle, le mâle est en elles toutes. Et quand le bien pointe le bout de son aile, les anges se prétendent sans sexe pour ne point donner le beau rôle à la femme.



    Il y a beaucoup à faire au pays de l'imaginaire pour rééquilibrer les rôles. Et les soi-disant héros, des mâles forcément, s'ils viennent à périr au service d'une cause estampillée divine, bénéficieront des heures exquises du paradis, entourées de vierges, le seul état recevable pour la compagne de ses messieurs très bien sous tous rapports.


    Abracadabrandesquement vôtre



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