Chroniques-ovales
Ou la confusion lexicale
Il était une fois une cuillère qui n'était pas de bois devant les avances d'une fourchette. Mais la première se prenait toujours les jambes dans dans la seconde qui n'y voyait goutte. Pour enfin se faire remarquer par cette ingrate, elle éclaira son jeu à la lueur d'une chandelle qui brûlait la nuit par les deux bouts, surtout à l'heure des réceptions !
Devant tous ces débordements, la fourchette envoya un carton d'invitation à cette si pressante demoiselle sans défense. Enfin une touche, se dit alors la cuillère qui n'était pas au bout de ses surprises car sur l'enveloppe qu'elle venait de recevoir, un tampon terrible la cloua sur place.
Le carton venait de la place rouge, un avertissement ou une expulsion, la petite n'en savait rien ! Elle fixa ce message dans un cadre qu'un capitaine au long court lui avait rapporté de Nouvelle Zélande. Bien le cadrer était sa principale préoccupation, car la cuillère avait horreur des débordements.
Puis elle pénétra au cœur d'un œuf mollet car il faut bien assurer le quotidien …
Quelques jours jours plus tard, nos deux personnages étaient partenaires pour croquer une cocotte du Gers après une bonne soupe à la tortue. Même si nos deux amies avaient beaucoup d'expérience, elles craignaient toujours de prendre des vessies de porc pour des coups de chausson aux pommes.
J'ai mtes fourches dans les talons, dit la fourchette à la cuillère. Ce message codé passa pour une ouverture à la seconde qui profita d'un coup d'éponge magique sur les les débordements d'un demi sans faux-colle pour demander une liaison solide à la première.
Mais les difficultés allaient surgir. Où célébrer leur union ? Derrière les piliers de la cathédrale ça va de soi dit la fourchette. Pas question, répondit l'autre, nos amis devraient porter le cravate et j'en connais qui n'y tiennent absolument pas. Cette réplique pourrait bien baisser le rideau sur nos espoirs ma belle gazelle rebelle.
Marions-nous dans un ascenseur, j'en connais de très spacieux, tu ne t'y casserai pas les dents. Nous pourrions y boire le champagne et je t'offrirai des caramels qui te clouent sur place. Cette combinaison sembla satisfaire les deux parties qui rêvaient à tous les paquets qu'elles recevraient en cette belle occasion.
C'est alors que des coups de marteau se firent entendre dans le couloir. C'était une belle Générale qui arrivait vêtue d'une chatoyante Cape rouge en compagnie d'un paquet de vieux grognards. Soutiens-moi chuchota la fourchette, c'est ma faute, me voilà hors-jeu, je suis prise par la patrouille. Ils vont me coller au poteau !
Pourquoi une réaction si spontanée ; essaies de combattre ce mauvais coup. Ne tends pas des perches à ceux qui te veulent du mal. Et ne me plaque pas alors que j'entrevoyais une brèche dans la triste vie qui est la mienne, répondit la cuillère totalement décomposée. Tu me piques et Go, tu te dégages, tu t'éjectes à la première occasion. Il y aura des répercussions à cette histoire, crois-moi, ma belle. Je te citerai devant tes paires. Mais crois-moi, je ne veux pas me cramponner à toi. Adieu !
Ainsi se termine cette sombre histoire sans introduction ni conclusion, aux mots mêlés et aux nombreuses transformations ou confusions lexicales,sans qu'il n'y ait rien à comprendre.
Lexicalement vôtre.
BR





