Chroniques-ovales
En ce jour de gloire, notre arbitre se lève de très bonne heure. Il a devant lui une longue journée de voiture agrémentée d'un petit exercice physique, entouré de 30 galopins toujours prêts au coup de poing.
Il contacte sa bouée, son mentor, son bouclier du jour ; Monsieur Le Directeur de Match, un dirigeant de haut-vol, représentant de la fédération.
Notre jeune arbitre nécessairement aux dents longues, à l'ambition aiguisée et ce vieil « apparatchik » de l'appareil fédéral, forment un peu le mariage du Glabre & du Roupillon.
Une assurance tous-risques d'impartialité et de rigueur.
Le duo s'est fixé rendez-vous à l'entrée de la ville. Arriver à deux, c'est bien mieux ! Cela leur confère un indéniable sentiment de sérénité et la puissance illumine ce couple occasionnel lorsqu'il franchit les portes du club house. Le tapis rouge est de sorti pour recevoir ces personnages, imprégnés d'une aura incontestable. A Pithiviers, c'est JMG qui se coiffe de son chapeau de gentleman-betteravier pour jouer les maîtres de cérémonie.
C'est qu'il faut les choyer, les dorloter nos deux lascars. Leur proposer l'apéritif avec modération, le repas avec délectation et une bonne conversation avec félicitations ... Entre le fromage et la poire (William) l'arbitre accepte d'écouter l'oreille discrète et l'estomac alourdi, l'entraîneur local qui vient s'enquérir de sa connaissance d'un point particulier du règlement. Toute une stratégie peut s'effondrer alors si notre visiteur d'un jour n'a pas la même interprétation que le docte technicien. Candeur et extravagance du Rugby !
A 14 heures dernier délai légal, notre duo a investi son antre ; le vestiaire secrétariat pour une multitude d'actes administratifs vont se jouer jusqu'à 17h30 à l'abri des regards.
Monsieur l'Arbitre (c'est maintenant la seule appellation permise par l'étiquette) se pare de sa panoplie . Pendant ce temps, des petites mains expertes et laborieuses, rédigent la feuille de match, remplissent les licences et indiquent les éventuels postes spécifiques (première ligne).
Quand l'acteur principal de la tragédie qui va se nouer à partir de 15 h est revêtu de son habit de lumière, il osculte à la loupe les documents renseignés par nos petites mains. Il épie la moindre anomalie, le plus petit oubli. L'invasion galopante des procédures de tous poils a transformé cette formalité sportive en un acte administratif digne d'une officine notariale.
Monsieur Le Directeur de match supervise les contrôles et appuie de son autorité incontestable la moindre remarque de son jeune complice.
Ensuite, Monsieur l'Arbitre reçoit en sa loge les deux capitaines, les seuls habilités à lui donner la réplique. Il lance une pièce qui parfois, par jour de tempête, peut décider du sort de la rencontre. Puis, c'est au tour de nos amis les premières lignes d'assister au sermon réglementaire et néanmoins sécuritaire imposé par la fédération, la prudence et la GMF réunis. Il faut reconnaître qu'en la matière l'arbitre porte sur ses frêles épaules une responsabilité disproportionnée !
Il peut alors se préparer physiquement à l'épreuve qui l'attend. Un petit échauffement est nécessaire. Il ne faut pas risquer la blessure qui mettrait dans l'embarras tout ce petit monde.
Enfin, c'est l'heure du contrôle des chaussons de danse des 44 ballerines, juste avant leur entrée sur scène. Le ballet va pouvoir commencer et nous le suivrons dans une prochaine chronique.
Scrupuleusement vôtre.
BR


