Chroniques-ovales

La semaine de l'homme au sifflet


Dans notre sport si collectif, il existe un homme totalement seul, sans qui rien ne serait possible ...


Nous allons suivre pas à pas, la semaine de cet homme qui n'est plus en noir, de ce virtuose du sifflet à roulette, de cet adorateur du règlement.


Le lundi, il se consacre à l'étude. Homme d'introspection et d'auto-critique, il relit attentivement sa bible ésotérique pour comprendre les petits dysfonctionnements de sa prestation dominicale. Il revisite le recueil des cas limites, ces incidents improbables qui constituent le sel de son oral de passage face aux entraîneurs suspicieux. rassuré par la justesse de ses choix, conforté dans la certitude qu'il est seul à maîtriser l'abscons document, il se prépare alors à une nouvelle aventure en terre lointaine.


 

Le mardi, il peaufine sa condition physique, cette arme indispensable qui lui permettra de toujours être présent au point de chute comme au poing d'achoppement, tout en conservant un débit régulier dans sa précieuse colonne d'air au moment opportun. Il fait un footing, quelques accélérations et de nombreux étirements. Un vrai sportif !


Le mercredi, il s'enquiert de sa prochaine destination. Consulte le site de la fédération pour savoir si on le tient toujours en grande estime.. Il aura alors l'honneur de quitter son pré-carré pour officier loin de ses bases.

Parfois, il est oublié, incompris, dénigré peut-être, et doit s'en retourner à la triste réalité des joutes inter-départementales.



Le jeudi, il prépare son itinéraire, s'interroge sur l'opportunité de proposer le périple à son épouse légitime. Il consulte le guide bleu à la recherche d'un château, d'un musée ou d'une curiosité locale qui aiguillonnera la curiosité de madame. Il programme son GPS, cette nouvelle évidence technique pour le voyageur sportif.


Le vendredi, il assiste à une réunion de secteur. Il y retrouve ses chers collègues et néanmoins rivaux pour poursuivre son interminable investigation du règlement, de ces notes de bas de page, de ces renvois introuvables. Sa complexité est telle qu'une vie ne lui suffira pas. Toujours il découvrira un point nouveau sorti d'un esprit nécessairement retors puisque anglo-saxon.  

Le samedi, il prépare son sac. Choisit dans sa garde tunique, les deux ou trois maillots qui le distingueront des belligérants du lendemain. Il vérifie son matériel :

– Stylos insubmersibles

– Chronomètres impartiaux

– Sifflets stridents

– Cartons bi-colores

– Tableaux récapitulatifs.

Il lustre ses chaussures de scène et peut se coucher de bonne heure car sa journée de gloire commencera dés potron-minet. 


      

Nous suivrons tout particulièrement cette fameuse septième journée, celle qui fut créée pour que les hommes se reposent sur des hommes tel que le héros de cette chronique qui sera, hélas, à suivre au prochain numéro de votre hebdomadaire préféré.



Réglementairement vôtre.
BR

Sam 28 mar 2009 Aucun commentaire