Chroniques-ovales

Main Street sur Vézère

À Thierry et Magalie sa reine d'Ovalie. 

Voilà bien la dernière crosse que nous fait ce joueur de Hockey sur Gazon, nous laisser en carafe pour aller repeindre la grotte de Lascaux.


La squaw plutôt, celle qu'il emmène dans ces bagages ; pas une de ces grandes malles des voyageurs au long cours mais une petite valise, de celles qu'il faisait pour s'en aller marquer un but, lui le redoutable avant centre du C. L. T. O..


Plus tard, il a troqué (déjà … ) la crosse pour le sifflet que personne ne réussira jamais à lui couper. Mais il en eut vite plein le dos, et l'appel du comptoir fut plus fort que celui de la gloire. L'arbitre fédéral se contentera de règlementer la conversation de ses clients, quitte à décerner quelques cartons de rouge pour les plus fidèles.


Parmi les plus pittoresques, il y avait les deux cheminots R. C. et P. C. qui un dimanche de sinistre mémoire, conduisirent l'ami Thierry derrière la rambarde d'un terrain de Rugby. Le choc fut violent, la souffrance terrible, la soif inextinguible et la fin pitoyable!

«  Ce soir là, je n'ai même pas vu Stade 2 ! ».
L'aveu est plus sincère que les remords. Il résume en quelques mots cette déchéance qui va conduire cette honorable commerçant, possédant licence IV et pignon sur rue, vers le statut peu avouable de sponsor d'un club de Rugby.


Bien sûr, il ne plongea pas de suite, il lui fallut comme pour beaucoup, une période d'accoutumance. L'addiction exige une pratique régulière, une lente descente dans les enfers de la troisième mi-temps et des fréquentations douteuses et hoquéteuses. 


 L'occasion fait le larron en foire, une friteuse offerte, un cadeau d'intronisation et le virus du partenariat totalement désintéressé avait saisi notre homme. Le Cercle défiscalisa 60 % des dons, comme l'autorise la législation en vigueur dans les clubs régit par la loi 1901. Cependant, je ne pense pas que le futur Périgordin vint pour cet avantage fiscal.


Lui il cherchait la chaleur, les relations humaines fortes et sincères. Tout ce que l'on trouve en Ovalie. Il y trouva bien plus et rencontra simultanément  l'amour de sa vie ; une certaine Magalie que quelques esprits chagrins ont voulu interdire de car, les vilains !...


Il connut presque tout avec le Cercle : deux finales mais pas de titre, c'est sans doute parce qu'un drapeau et un ballon  de Clermont trônent dans son estaminet. Il découvrit les joies du Stade de France et des retours beaucoup plus difficiles quand le vent s'engouffre par les vitres brisées.


Il nous tire sa révérence et abandonne lâchement il faut l'avouer Jérémy et Gérard.  Il aura encore à  poursuivre son apprentissage du Rugby en devenant partenaire de Montignac, un club aux dents longues qui vient de monter en première série. Il faut faudra apprendre qu'un des personnages célèbre de cette belle ville était le peintre Jean BROC. Un signe prémonitoire pour une future et probable intégration grâce à ses tournées mousseuses dont il n'est pas avare.


Nous ferons le deuil de nos passages au Main Street, nous chercherons désespérément une nouvelle table généreuse et simple, nous ne saurons plus où parcourir d'un œil rapide 'La Raie Pudique du Changre », notre bon journal qui parle si mal et si peu du Rugby régional. Mais nous n'oublierons jamais celui que nous avons placé sur les fonds baptismaux du ballon ovale.

Son neveu, perd un oncle de proximité. Il n'a qu'à retrouver le chemins du stade pour que la présence d'un Barberi perdure en terre fleurissoise. 


Nostalgiquement vôtre.
BR

Dim 21 jun 2009 Aucun commentaire