Chroniques-ovales
La cécité du regard
Aux trois blessés "agresseurs" du côté des vainqueurs !
Le coup de sifflet final retentit sur un score sans appel. L'addition est lourde, le match mené de bout en bout et pourtant, le vaincu se dit victime d'injustice et d'agressions multiples. Les observateurs neutres (il en existe quelques-uns autour de cette rambarde sommaire) ironisent sur ce paranoïa confortable qui exonère des vraies questions …
Ainsi, il en va souvent comme ça sur nos beaux terrains aux perches dressées. Rares sont les perdants lucides ! Le sport en général et notre Rugby régional en particulier focalise ses acteurs sur leur seul rapport à la performance factuelle. Il n'y a d'en-avant que pour l'autre, de hors-jeu qu'en face, de gestes malheureux et maladroits que pour les méchants : les autres !
Un seul point consensuel dans l'analyse, l'arbitre a été mauvais et subjectif. Hélas la divergence revient vite au galop, personne ne peut se mettre d'accord pour désigner le camp favorisé par l'homme seul au sifflet à roulettes.
Ce jour-là, l'arbitre n'a pas été mauvais, il a dirigé le match avec sa connaissance du
jeu et des règles dans une logique très équilibrée. Il a peut-être manqué de fermeté quand la tension est montée d'un cran, comme cela arrive si souvent sur nos vertes pelouses. Il a voulu attendre
pour punir et il l'a fait avec une modération qui l'honore. Alors, pourtant tant de courroux ?
À la frustration de la défaite, s'ajouta ce jour-là, l'incapacité évidente à endiguer les actions de trois ou quatre joueurs manifestement déplacés à ce niveau de pratique. Reconnaître que l'autre est plus fort serait la moindre de choses dans le sport. C'est la loi fondamentale de ces confrontations symboliques par le truchement d'un jeu codifié. Mais le sportif n'est pas totalement sorti de sa logique guerrière. Son vocabulaire comme ses modalités de motivation renvoient plus sûrement au discours militaire qu'à la philosophie humaniste.
Alors, les petits gestes de dépit se multiplient : des plaquages avec quelques dixièmes de seconde de retard, des percussions qui deviennent des agressions de dépit, des nettoyages qui ne sont plus très propres, des paroles amères qui enveniment les choses …
Et c'est toujours la faute des autres ! De ceux qui prennent les coups sans riposter mais renvoient aux mots douteux des sourires qui sont autant de piqures insupportables. Aucune méchanceté absurde dans tout ça, simplement la limite dépassée des compétences techniques et physiques qui n'est ni assumée ni comprise.
Mais comment pourrai-t-il en être autrement ? La fierté du combattant l'honore même si parfois elle le mène dans une impasse. Ce serait alors le rôle de l'encadrement de comprendre la dérive, la modérer ou l'endiguer par des propos apaisants. Malheureusement, la frustration est pire encore lorsque se retrouve simple spectateur impuissant d'un naufrage pathétique.

C'est du bord qu'on souffle sur les braises. C'est encore de là qu'on rallume la terrible machine à ne pas voir la réalité en face. Parfois, il serait bon de fermer le banc (j'en sais hélas quelque chose) pour apaiser les débats. L'objectivité n'a pas souvent sa place dans ce monde de passion et d'investissement total de son temps et de son énergie.
Condamner de tels excès serait remettre en cause les écarts maladroits de l'amoureux éconduit ce jour-là. Heureusement, la roue tourne toujours et dimanche prochain sera un autre jour, une nouvelle histoire, un nouveau match. Il pourra regarder avec de nouveaux yeux qui n'y voient pas mieux, cette belle Chimène Ovale !
Parlepetitboudelalorgnettement vôtre.
Aux trois blessés "agresseurs" du côté des vainqueurs !
Le coup de sifflet final retentit sur un score sans appel. L'addition est lourde, le match mené de bout en bout et pourtant, le vaincu se dit victime d'injustice et d'agressions multiples. Les observateurs neutres (il en existe quelques-uns autour de cette rambarde sommaire) ironisent sur ce paranoïa confortable qui exonère des vraies questions …
Ainsi, il en va souvent comme ça sur nos beaux terrains aux perches dressées. Rares sont les perdants lucides ! Le sport en général et notre Rugby régional en particulier focalise ses acteurs sur leur seul rapport à la performance factuelle. Il n'y a d'en-avant que pour l'autre, de hors-jeu qu'en face, de gestes malheureux et maladroits que pour les méchants : les autres !
Un seul point consensuel dans l'analyse, l'arbitre a été mauvais et subjectif. Hélas la divergence revient vite au galop, personne ne peut se mettre d'accord pour désigner le camp favorisé par l'homme seul au sifflet à roulettes.
Ce jour-là, l'arbitre n'a pas été mauvais, il a dirigé le match avec sa connaissance du
jeu et des règles dans une logique très équilibrée. Il a peut-être manqué de fermeté quand la tension est montée d'un cran, comme cela arrive si souvent sur nos vertes pelouses. Il a voulu attendre
pour punir et il l'a fait avec une modération qui l'honore. Alors, pourtant tant de courroux ?À la frustration de la défaite, s'ajouta ce jour-là, l'incapacité évidente à endiguer les actions de trois ou quatre joueurs manifestement déplacés à ce niveau de pratique. Reconnaître que l'autre est plus fort serait la moindre de choses dans le sport. C'est la loi fondamentale de ces confrontations symboliques par le truchement d'un jeu codifié. Mais le sportif n'est pas totalement sorti de sa logique guerrière. Son vocabulaire comme ses modalités de motivation renvoient plus sûrement au discours militaire qu'à la philosophie humaniste.
Alors, les petits gestes de dépit se multiplient : des plaquages avec quelques dixièmes de seconde de retard, des percussions qui deviennent des agressions de dépit, des nettoyages qui ne sont plus très propres, des paroles amères qui enveniment les choses …
Et c'est toujours la faute des autres ! De ceux qui prennent les coups sans riposter mais renvoient aux mots douteux des sourires qui sont autant de piqures insupportables. Aucune méchanceté absurde dans tout ça, simplement la limite dépassée des compétences techniques et physiques qui n'est ni assumée ni comprise.
Mais comment pourrai-t-il en être autrement ? La fierté du combattant l'honore même si parfois elle le mène dans une impasse. Ce serait alors le rôle de l'encadrement de comprendre la dérive, la modérer ou l'endiguer par des propos apaisants. Malheureusement, la frustration est pire encore lorsque se retrouve simple spectateur impuissant d'un naufrage pathétique.

C'est du bord qu'on souffle sur les braises. C'est encore de là qu'on rallume la terrible machine à ne pas voir la réalité en face. Parfois, il serait bon de fermer le banc (j'en sais hélas quelque chose) pour apaiser les débats. L'objectivité n'a pas souvent sa place dans ce monde de passion et d'investissement total de son temps et de son énergie.
Condamner de tels excès serait remettre en cause les écarts maladroits de l'amoureux éconduit ce jour-là. Heureusement, la roue tourne toujours et dimanche prochain sera un autre jour, une nouvelle histoire, un nouveau match. Il pourra regarder avec de nouveaux yeux qui n'y voient pas mieux, cette belle Chimène Ovale !
Parlepetitboudelalorgnettement vôtre.
Jeu 15 oct 2009
1 commentaire
Philippe
Un arbitre qui échappe à mes commentaires.
C'est un peu inexact.
Quand il est très bon, ce fut le cas pour le premier match des juniors (perdu celui-ci) je lui dis de vive voix.
Nous avons échangé sur son match avec bonheur.
Quand il est très mauvais, ce fut le cas pour le second match (gagné contre le RCO II) je m'emporte quand il ne respecte pas ni les jeunes, ni l'esprit ni la sécurité.
Il y a des limites et la victoire ou la défaite sont bien peu de chose comparé à tout ça.
Je les revu la semaine suivante puisqu'il arbitrait les cadets et ce fut la même catastrophe.
Il n'aura aucune chronique, c'est un orgueilleux qui ne sait pas ce qu'est le Rugby.
Celui de ce match était honnête et attentif au jeu.
Il a comme toujours commis des erreurs qui se sont naturellement compensées.
Sa seule faute fut de ne pas voir qu'une équipe était dépassé et provoquait.
C'est compliqué et il a mis trop de temps à punir alors que c'était manifeste.
C'est compliqué pour les gars du milieu qui voit moins les choses de la périphérie.
Sur ce match, ce sont les gens de Buzançais qui ont touché le fond.
Tu peux remarquer que je ne les ai pas nommés.
Bonne nuit
BR
Un arbitre qui échappe à mes commentaires.
C'est un peu inexact.
Quand il est très bon, ce fut le cas pour le premier match des juniors (perdu celui-ci) je lui dis de vive voix.
Nous avons échangé sur son match avec bonheur.
Quand il est très mauvais, ce fut le cas pour le second match (gagné contre le RCO II) je m'emporte quand il ne respecte pas ni les jeunes, ni l'esprit ni la sécurité.
Il y a des limites et la victoire ou la défaite sont bien peu de chose comparé à tout ça.
Je les revu la semaine suivante puisqu'il arbitrait les cadets et ce fut la même catastrophe.
Il n'aura aucune chronique, c'est un orgueilleux qui ne sait pas ce qu'est le Rugby.
Celui de ce match était honnête et attentif au jeu.
Il a comme toujours commis des erreurs qui se sont naturellement compensées.
Sa seule faute fut de ne pas voir qu'une équipe était dépassé et provoquait.
C'est compliqué et il a mis trop de temps à punir alors que c'était manifeste.
C'est compliqué pour les gars du milieu qui voit moins les choses de la périphérie.
Sur ce match, ce sont les gens de Buzançais qui ont touché le fond.
Tu peux remarquer que je ne les ai pas nommés.
Bonne nuit
BR
BR
pour finir un arbitre qui a eu une petite eloge de BR valait bien le coup qu'on s'attarde sur cette analyse du perdant.
le role d'entaineur en est plus délicat que de faire reconnaitre aux acteurs leurs erreurs mais ça tu le sais bien.