Partager l'article ! La chorale de Saint Fulbert: Les permanents de l'Euphorie ! http://www.dailymotion.com/video/x139y9_lachoraledestfulbert_f ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Les permanents de l'Euphorie !
http://www.dailymotion.com/video/x139y9_lachoraledestfulbert_funL
D'abord il y a l'église de Saint Fulbert. Son clocher tombe en ruine et il faut trouver des fonds de culotte et de tiroir pour sauver le patrimoine local.
L'abbé Antoine Tricot s'y colle et réuni un aréopage improbable et néanmoins représentatif du monde étrange et pénétrant des choristes amateurs. Guidé par Dieu, l'amour du chant et de son clocher, il pardonne beaucoup, vitupère tout autant et tient la flûte en guise de baguette ; que Dieu lui pardonne !
Sa chorale est intenable et insortable mais surtout impayable ! Les tuiles n'ont qu'à bien (se) tenir … Elle chante, danse, joue des textes essentiels à la compréhension de ce bas monde et laisse planer un doute sur le royaume d'essieux (de voiture).
Tour à four, la frite et la merguez, la belote ou la savane sont explorées dans des opus truculents, des chorégraphies désopilantes et des interludes plein d'entrain.
Élisabeth Bouvard qui dispute à tous les autres le titre de Reine des folles, mène la danse et la transe. Elle dévoile tous ses talents ou presque pour atteindre la jouissance vocale. Sa souplesse d'esprit lui permet de supporter quolibets et regards brûlants.
Martin, le rasta perdu dans ce monde apparemment trop sage, brûle d'une flamme intérieure et cherche dans la salle l'amour d'un soir ou d'une vie. Il roule des muscles et des yeux, il dévore la gente féminine sans jamais se demander ce qu'il vint faire dans cette galère.
Marie Doriane de La Sainte Falaise des Trois Tas, bibliothécaire de son état, défend la grande littérature et dissimule en elle l'admiratrice des romans de Gare. Elle peut mettre en avant tous ses talents pour sauver les vignes du seigneur ou les boîtes de conserve.
Camille Gatineau, coiffeur d'un genre incertain, taille tout ce qui dépasse. Il est pompier dans le civil et tout feu mais pas tout femme sur une scène où il rêve de brûler les planches comme Johnny Halliday son idole. Pourtant lui, cache une fêlure intime qui lui donne une humanité que l'autre n'aura jamais ...
Geneviève trouve en l'église et en son cher abbé l'affection qu'elle ne parvient pas à quérir ailleurs. Elle se révèle progressivement comme une passionnée torride qui n'a presque rien à envier à ses compagnes hystériques. Elle aura peut-être l'illumination masculine, elle qui chante la jeunesse et l'allégresse !
Jean Ravel Legendre, psychologue scolaire en état limite, grande Prince sans rire de l'église de Saint Fulbert et nonobstant, pourfendeur des puissants et des dirigeants de toutes sortes, maintient grâce à un diplomatique tact , l'harmonie dans cette micro société humaine.
Josyane, la futur parturiente semble être totalement déplacée dans cette chorale. Elle supporte plus qu'elle ne porte, elle subit plus qu'elle participe. Elle perdra sans doute un jour les eaux en chantant les poissons ou l'amour.
Tout ce monde de furieux et gracieux, déjantés et enchantés, harmonieux et atoniques nous fait passer une soirée qui sauve notre âme des spectacles affligeants de la petite lucarne. Que Dieu préserve les chorales et le spectacle vivant.
Intermitant Spectaculairement vôtre.
BR
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