Partager l'article ! Le chronomètre et la Rolex.: Aveu. Je le confesse bien humblement, je suis un ind ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Aveu.
Je le confesse bien humblement, je suis un indigent.
Je suis pas de ces gars là qui arborent dignement au poignet la preuve tangible et temporelle de leur réussite sociale. Pour marquer les heures de mon existence alors que la cinquantaine vient de sonner je ne dispose pas de ce bijou horloger qui marque les minutes et la vanité. Je suis un croquant !
Je ne me gausse pas non plus et ne parvient jamais à me hisser sur le moindre promontoire ni sur mes ergots et encore moins sur des talonnettes pour atteindre le coq de mon clocher et par la même occasion la pendule qui carillonnerait les temps forts de mon existence. Je suis un manant !
Mon existence est plate, terne, triste. Jamais je n'ai mis les pieds à Dysney land et ne compte pas y aller de si tôt. Je ne vogue pas non plus sur le fleuve de la renommée ni sur le moindre Yacht aux aubes boréales. Pourtant j'ai le permis fluvial et parvient parfois à accompagner le maître Jacques sur son fûtreau de Loire en hissant la grand voile pour remonter le fleuve royal.
Naviguer à contre courant est mon plus grand bonheur alors qu'il faudrait se laisser aller au fil de l'eau et des succès faciles. Je suis un forban !
Je ne connais aucun constructeur qui pourrait me bâtir un château en Espagne ou un palais étincelant. Si ma petite maison est blanche elle n'en a pas pour autant 35 salles de bain parce que je ne le peux pas. Je ne me construis que des châteaux de cartes qui s'effondrent à chaque défaite. La vie pour moi est un enfer bien loin de cet Élysée mythologique. Je suis plus à même d'être frappé ,
par la foudre, celle du ciel comme celle de nos autorités que par le coup de foudre pour une vedette du top 50, et des podiums de mode. Je suis un insignifiant !
Je n'ai au cou qu'un simple chronomètre accompagné d'un sifflet qui pourrait annoncer la fin de la partie ou siffler un hors jeu pour tous ces porteurs de Rolex indécentes, pour tous ces possédants impassibles devant la misère humaine, pour tous ces égoïstes qui ne pensent qu'à s'emplir les poches sur le dos des braves gens. Je suis un dénonçant.
Au rugby, lorsque la faute n'est pas sanctionnée, le châtiment est immanent. La régulation se fait en interne, elle vient de la base, de cette mêlée humaine qu'on semble ne pas considérer. La révolte commence à poindre, de ces territoires trop lointains pour être bernés et éblouis par la brillance des apparences fictives. Nos dirigeants vont subir le courroux de ce petit peuple qu'ils ont laissé sur le sable. Je suis un combattant.
Déjà le sablier a été retourné, il égraine les minutes qui précédent la révolte des humbles, de ceux qui en ont assez de tous ces abus . Ceux de ces médecins de tous poils qui ont oublié leur serment ; ces hypocrites qui n'exercent que pour s'enrichir sur le dos du malade. Ceux des actionnaires millionnaires dont le seul mérite est d'être nés possédants et qui poursuivrent leur éternel enrichissement en exigeant licenciements ou délocalisations. Ceux des politiques des partis de gouvernement qui n'ont pas d'autre ambition que de disposer de la place pour leur seuls avantages personnels. Ceux des humbles et des malheureux qui se font complices de ces gens en leur confiant leurs voix sans que jamais ils ne portent les leurs. Je suis un réfutant.
Bientôt les têtes tomberont et une nouvelle nuit du 4 août mettra à bas les privilèges et les privilégiés, les exploiteurs et les agioteurs, les profiteurs et les magouilleurs et tous ces maudits adorateurs de Rolex ! Je suis un décapant.
Révolutionnairement vôtre.
BR
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