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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

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L'insulte par excellence.

Du con en général.


Depuis que notre nouveau César a remis à l'honneur cette insulte sommaire, une multitude de réflexions sont venus peupler mes interrogations existentielles.


Ainsi, le Con est-il revenu au premier plan du vocable excrémentiel. Mais ce Con est rarement seul, cette appellation exige un adjectif qui lui donne tout son relief et sa force. Plus même, l'adjectif fixe encore plus sûrement la psychologie de l'insultant qu'il ne détermine véritablement la nature exacte du Con susnommé.


Nous pouvons constater qu'il existe des doublons jumeaux, des assemblages symétriques, des attelages indissociables sur le pilori de l'ignominie.


Ainsi le Petit Con côtoie immanquablement son compagnon préféré, le grand Con. Tous les deux sont placés dans un registre où la sympathie domine. On les pense affable, on les croit sympathiques. Quoique ! Depuis peu, notre César d'opérette, roi des castagnettes et des claquements de doigts nous insiste à nous méfier de plus en plus du premier adjectif ; celui qu'il ne doit pas falloir prononcer en sa présence et qui explique sans aucun doute ses rêves déments de grandeur.


Il y a encore un couple qui nous place sans ambiguïté d'un côté ou de l'autre d'une frontière temporelle avec laquelle nous ne pouvons pas grand chose : le jeune Con a le temps pour lui et son adversaire, le vieux Con ne dispose plus que de cette expérience qui ne se partage jamais. Ces deux la sont toujours en opposition, on désigne généralement cette séparation lexicale par l'expression :

« Le conflit des générations »


Puis arrivent les adjectifs autonomistes, ceux qui s'imposent tant à nos bouches haineuses qu'ils envoient aux oubliettes de l'anathème leurs antonymes habituels.


Au premier rang d'entre eux, largement dominateur dans nos sociétés d'opulence s'impose à tous l'outrancier et diffamant Gros Con. Celui-là vous met immédiatement du mauvais côté de l'humanité, celui des porteurs de Rolex, des possédants insensibles, des décideurs sans cœur, comme des hooligans de nos stades de football. Le Gros Con  semble parfois revendiquer cette désignation qui le place bien au dessus de tous les autres. Mais, comment les interpeller ces autres, si nombreux face à cette noblesse de la connerie ? Mince Con ne sonne ni à l'oreille ni à la métaphore. 

Le Gros Con est bien seul sur sa planète et compte bien l'exploiter jusqu'à la corne avant de tirer sa révérence.


Un autre solitaire et c'est heureux, appartenant sans doute à la même espèce que le précédent, plus pourri encore si c'est possible c'est cette exceptionnelle Sale Con qui paraît si décisif qu'il n'y a rien à ajouter. On n'envisage même pas l'existence de son contradicteur , le propre ou le net, l'immaculé ou le vierge !


Enfin, vient celui que César a placé au pinacle de la déchéance. Notre Pauvre Con qui n'y peut mais. Car enfin, de quel métal faut-il être fait pour penser que la pauvreté est une tare. N'est-elle pas indispensable aux gens de son acabit, de son monde qui ne pense qu'à une chose : s'enrichir ! Ceci ne peut se réaliser qu'en laissant sur le carreau une multitude de confrères, de pauvres cons, de simples et honnêtes gens comme vous, comme moi.


Voyez-vous, ce petit voyage en connerie nous a permis de mieux comprendre les rouages de cette mécanique de précision que constitue la belle insulte. La richesse de vocabulaire honore celui qui la maîtrise et nous ne pouvons que nous incliner devant notre maître à tous : Le Roi des Cons !


Connement vôtre. 
BR

 
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