Partager l'article ! Nos marchés ne sont pas vos Agora: Le maraîchage pas le racolage ! En cette nouvelle période pré-éle ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Le maraîchage pas le racolage !
En cette nouvelle période pré-électorale, les marchés de France sont envahis par une multitude de distributeurs de tracts politiques qui nous ennuient profondément.
Les porteurs de panier, les amateurs d'authenticité, les adorateurs des produits de qualité n'ont absolument rien à voir avec ce démarchage indécent.
Ils ne sont pas des porteurs de voix, eux qui ont trouver la voie du bonheur en fréquentant cet espace dédié habituellement à la conversation, à la rencontre amicale, au bonheur de partager. Ils ont fui ces lieux inhumains de haute consommation médiocre que sont les super-marchés. Allez donc au cœur de la débauche économique pour distribuer vos professions de foi. Les clients ont encore foi en vos valeurs, en votre désir de croissance et d'expansion. Et fichez leur la paix !
Ils ne sont pas amateurs de paillettes et d'illusions. Vous venez leur vendre des têtes de liste qui ont oublier depuis fort longtemps ce qu'est le peuple, comment il vit et ce qu'il attend vraiment des gouvernants. Allez rencontrer les gens là où votre indignité les a abandonnés. Dans les longues files d'attente de vos maisons pour l'absence d'emploi, dans les banques alimentaires ou dans les piquets de grève. Osez affronter les dégâts collatéraux de cette société que vous entendez prolonger des deux côtés exclusifs de votre échiquier politique. Et accordez nous le silence !
Ils ne sont pas attirés par vos produits avariés, toujours recyclés, parfois politiquement modifiés, transférés d'un camp à l'autre pour espérer prolonger leur espérance de pouvoir. Vous avez cessé depuis bien longtemps de porter nos espérances. Vous n'avez d'unique ambition que de durer. Quel est le point commun entre ces braves gens que vous venez déranger et vos politiciens aveugles et sourds au monde réel ? Acceptez ce que la pudeur devrait vous commander. Partez de nos marchés. Et rendez leur leur quiétude !
Vous n'avez vraiment pas honte de revenir en ces lieux à propos d'Europe. Êtes-vous amnésiques ? Vous avez effacé ce référendum miraculeux où ils vous avaient crié leur opinion. La vague avait balayé votre coalition d'intérêt et vous l'avez effacé dans le secret de vos chambres d'enregistrement. Vous avez nié le suffrage universel et vous venez le solliciter sans ce rouge au front qui leur annoncerait vos mains sales.
Vous allez distribuer des tracts qui seront autant de papier gaspillé. Vous allez apostropher le chaland pour le convaincre alors que le peuple n'a plus le droit de s'adresser aux gens du pouvoir. Vous vous accordez un droit que vos idoles leur refusent. Les clients des marchés n'entourent pas leur espace de cordons de CRS, ce n'est pas une raison pour les agresser par votre seule présence.
Vous venez nous indisposer avec vos produits pas frais. J'ai hâte de voir de la profondeur de leur rancune monter la révolte qui vous chassera de cet espace à coup de queues de poissons comme dans le village d'Astérix.
Le seul message qu'il faut faire passer pour ces élections c'est de voter, bien sûr, ne pas se taire devant vous et vos semblables, ne pas accorder encore et encore cette confiance que vous penser vous partager de toute éternité entre ces soi-disant rivaux plus faux culs que jamais.
« Accordons nos bulletins au silence ou à la révolte, votons pour la Planète ou pour l'Homme, déplaçons nous encore une fois devant les urnes pour leur signifier notre mépris ! »
Légumemement vôtre.
BR
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