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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Sarkosy, je te vois partout !

Tu es le chouchou de mes cauchemars


À C. G. de Valencay, un autre insomniaque !

 


Victime d'un mal étrange et douloureux, j'ai découvert depuis peu que la ruine me guète, que la justice me traque, que la folie me submerge. Comme beaucoup de mes compatriotes, 47 % plus exactement, je n'avais pas souhaité cela. Mais la majorité demeure la règle en ce pays même quand celle-ci peut se fourvoyer !


Rappelons les faits qui peuvent avoir échappé à la sagacité des téléspectateurs de TF1 ou des lecteurs des journaux de Lagardère et consort.  Le 27 février, vers 18 heures en gare de Marseille, deux policiers effectuent un contrôle d'identité viril (pléonasme !). Un enseignant réfractaire à l'esprit sécuritaire dominant (autre pléonasme) s'insurge et crie par deux fois :

"Sarkozy, je te vois !"


Les témoins s'en amusent, les pandores sans offusquent ! Un procès verbal est dressé contre notre porte parole qui a contrevenu à l'article 13-37 de la santé publique. L'essentiel pour nos forces fiscales de la sécurité est de faire du chiffre pour le trésor public ! Le contrevenant risque 100 euros et un tribunal décidera de son sort ! On croit rêver …


L'aventure serait drôle si elle n'était la triste réalité de notre société qui tombe dans une caricature policée des Républiques bannières. (Notre grandeur de la République n'a t-il pas déclaré qu'il avait « la banane » !)


Au-delà des remarques naturellement négatives d'un opposant de la première heure, d'un inquiet de la pré campagne à qui la réalité effrayante a donné raison, je suis maintenant contraint à la mesure, au calcul dans mes visions multiples …


J'ouvre internet et je le vois. Je lis un magazine et on ne me parle que de lui. J'écoute un ministre et c'est lui que j'entends. J'observe la tenue para miliaire de nos policiers, et je le devine derrière eux. Je déplore la connivence de nos journalistes, il est tapis dans l'ombre. Je regrette l'explosion massive de ces véhicules aux prix exorbitants et je sais que son bouclier fiscal a favorisé cet achat indécent en temps de crise. Je découvre les statistiques du chômage et derrière chaque victime supplémentaire, il est là souriant et narquois. 


Je passe devant un bureau de poste fermé, c'est lui qui s'imprime dans ma rétine. Je constate la difficulté de nos école à maintenir la qualité de l'enseignement dans ce pays, lui, il s'en amuse. Je fais une queue interminable aux urgences d'un hôpital public et je suppose qu'il fréquente des cliniques privées. Je réfléchis à l'avenir de nos universités et je doute qu'il partage mon inquiétude. Je veux m'intéresser aux devenir du monde agricole et je ne parviens pas à croire qu'il s'en soucie.


Toute la journée, à toutes ces occasions multiples que nous offre cette crise et cette casse organisée de la fonction publique et du tissus social, c'est son image, sa présence, ses actions qui tourbillonnent devant mes yeux incrédules. Je le vois partout et j'ai envie de crier devant cette France qu'il faut le camp !


Mais, l'aventure deviendrait bien trop onéreuse. Au tarif appliqué à notre ami Marseillais, et pour cette simple litanie de mes visons horrifiques, le calcul est simple. J'ai vu Sarkosy derrière ces 12 exemples de sa grandeur. À 100 euros la réflexion, la note dépasse déjà mes modestes moyens. 

La répétition quotidienne de toutes les occasions où le cri «  Sarkosy je te vois ! » conclurait mes rages, mes colères sourdes, mon désespoir devant tant d'injustices et tant de mépris pour les petites gens m'entraînerait à une amende colossale qui n'aurait pour seule mérite que d'éponger à elle seule la dette nationale.


N'ayant plus le droit d'évoquer le nom du très haut (tiens, tiens !), j'en appelle à la mémoire du Grand Charles et je lui crie «  Reviens, les tiens sont devenus fous ! »



Aveuglement vôtre.
BR

 
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