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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Les nouveaux prévaricateurs


Un seul maître, un seul Dieu.
    Ils ne sont pas fonctionnaires pourtant ils se réclament de ces grands commis d'état qui se servent à la même soupe que ces petits subalternes qu'ils méprisent avec tant de hargne et de condescendance. Ils finissent par être couverts aussi, de la boue qu'ils ont remuée.

    Ils commettent chaque jour le plus abominable crime contre la morale et la haute idée que nous nous faisions du service de la Nation ; la prévarication. Ce viol infâme de ses devoirs envers la société qui vous a porté à cette haute fonction, cette négation des règles qui ont prévalu pendant des générations pour assurer le bon fonctionnement de notre Pays.
    Les prévaricateurs modernes sont nos nouveaux gouvernants, valets du Prince du Fouquet's, adorateurs du Dieu Argent, ils fondent leur action sur la seule référence qu'ils acceptent : le Pognon !

    Ils osent tout et rien ne les rebute dans ce domaine sonnant et jamais trébuchant. Des élèves ne viennent plus au lycée pour une multitude de raisons qu'ils ne chercheront jamais à comprendre et encore moins à combattre. Ils se contenteront de les attirer avec la seule carotte qui fasse courir les premiers comme les seconds : une récompense pécuniaire !

    Car nos prévaricateurs pourrissent tout, c'est même dans cette spécialité qu'ils sont les plus efficaces. Pour eux, tout se résume à une ligne budgétaire et l'école comme pour tout le reste.

    La ligne économie d'abord, en supprimant à tour de bras les postes et les structures spécialisées. La ligne flagornerie ensuite, en promettant des primes, des avantages, des indemnités à ceux qui fermeront les yeux pour quelques sous de mieux. « Travailler beaucoup moins bien pour gagner un peu plus ! »

    La ligne sucrerie et confiserie maintenant, en promettant de l'argent à ces élèves qui préfèrent l'école buissonnière à ce lieu sans perspectives ni lisibilité d'après eux. Personne ne s'élève devant pareille abomination. Un salaire du labeur scolaire alors qu'il devrait y avoir la récompense jubilatoire de la découverte, de l'apprentissage et de la réflexion.
    Et on va fermer les yeux sur des années de désamour avec l'institution, d'insultes ou de crachats peut-être contre des enseignants qui ne sont plus que des garde-chiourmes, de refus de travail et d'abrutissement à coup de SMS et de raps génocides. Au bout de ce parcours « d'excrémence » les plus méritants dans leur exécration de l'école se verront courtiser par le seul point commun qu'ils partagent avec cette société : l'argent  !

    Nos prévaricateurs du jour sont recteurs ou inspecteurs généraux. Ils ont sorti de leur chapeau une révolution pédagogique qui fera date : le métier de l'élève ce n'est plus apprendre, c'est seulement de faire acte de présence après une longue période d'absence qui deviendra enfin un  investissement rentable.
    Les prévaricateurs du lendemain seront les députés et les sénateurs qui ouvriront les paris en ligne à ce pays qui résistait encore un peu à cet opium assassin qui va détruire à petits jeux le tissus social et toutes les fédérations sportives. Ils auront comme toujours la monnaie de leur faiblesse, des récompenses souterraines pour ce travail de sape d'une société qu'on déshumanise de jour en jour.

    Bientôt ils liquideront les services publics pour quelques amis de brasserie. Ils braderont les biens nationaux et quand il n'y aura plus rien à solder, ils chercheront encore à vendre leurs âmes.  Ils seront alors bien surpris quand ils s'apercevront qu'il y a longtemps déjà que cette transaction a été réalisée.
    Prévaricatement vôtre.
 
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