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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Qualification haut à la main.

Un président très occupé.


    L'emploi du temps d'un homme politique est un vaste casse-tête. Équilibre, symboles, obligations y sont entremêlés dans un dosage savant où la mesure est reine de toutes choses et l'intérêt national la ligne de conduite.

    Le Stade de France est, à bien des égards, le lieu de la France peu pensante, des paillettes et de la futilité. S'y montrer est une garantie de popularité pour un esprit simple, si proche de ce bon peuple.

    Le football, cet opium du menu fretin est une opportunité sans équivalence pour redorer un blason, remonter dans des sondages d'opinions qu'on s'offrira sur le compte de la princesse, se montrer au cœur de l'allégresse générale.

    Dans une conjoncture délicate, il faut savoir choisir les rendez-vous clefs devant l'histoire ou le dieu Audimat. Le sommet mondial contre la faim ne semble pas être très porteur, notre bon président ne peut être partout. Le congrès des maires de France constituait un écueil trop risqué pour un égo qui n'accepte pas la contradiction.

    Par bonheur, par miracle ou par Saint Glinglin, la soirée du mercredi 18 novembre autorisait une belle escapade devant les caméras de l'ami Bouygues. Le barrage de l'équipe de France pour un billet en Afrique du Sud était l'occasion rêvée de récupérer les dividendes d'un succès annoncé.

    Réunir dans une même soirée les deux hommes les plus appréciés de notre doux pays, l'ami Raymond et le prince Nicolas vaut bien toutes les bassesses. De là à se féliciter d'une victoire tirée par les cheveux, à vanter la qualité d'un spectacle lamentable, à encourager l'inacceptable, il y a un fossé que la déontologie de la fonction présidentielle devrait prohiber.

    Malheureusement, en matière de football, l'élève ne fait que rattraper le maître. Jacques Chirac avait bien reçu en grande pompe le demi dieu Zidane après son coup de boule de sinistre mémoire.

    La fonction suprême comme beaucoup se plaisent à qualifier le job de Monsieur Le Président de la république, exige de la hauteur de vue, de la morale, de l'éthique. On peut appeler ça comme on le veut, mais l'idée est claire : « À ce poste, on ne fait pas et on ne dit pas n'importe quoi ! » Lorsqu'il y a tricherie manifeste, ou coup tordu, on doit avoir la décence de se taire.

    Mais le sport est pour certains comme le monde de la finance, tous les coups sont permis pour gagner. Alors si dans de jolis discours, on convoque  Edgar Morin et sa politique de civilisation,  Jaures et Blum et l'humanisme de gauche, Guy Moquet et l'émotion larmoyante, on se satisfait de l'injustice pour engranger des points de satisfaction.

    Le maillot du tricheur sous le bras, l'indécence aux lèvres, la dignité égarée depuis si longtemps au Fouquet's et ailleurs, le chef de l'état se moque de la morale, des grands principes et de ces valeurs dont il se gargarise à longueur de discours écrit après un examen approfondi auprès un échantillon témoin.

    Il consulte sa Rolex, maudit ces prolongations fâcheuses qui l'ont bloqué plus longtemps que prévu ce lieu ouvert à tous les vents devant cette rencontre insipide. Il rentre bien vite au palais, le meilleur moment de la soirée sans auun doute … !

    Manuellement vôtre.
   
 
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